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5 questions à Bruno Quiblier, co-organisateur de La Nuit du Court-Métrage

© Serge Mabuya

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Pas moins de 23 villes accueillent depuis cet automne la 15e édition de La Nuit du Court-Métrage. Pas moins de 17 films suisses et étrangers, regroupés en quatre catégories – Swiss Short, C’est la vie, Sacrée famille ! et This Girl is on Fire – sont proposés au public. La dernière date de la tournée aura lieu à Lausanne, le 17 novembre. On a rencontré le Bruno Quiblier, le co-organisateur de la manifestation.

Slash : D’une manière générale, que peux-tu nous dire du court-métrage en Suisse ?
Bruno Quiblier :
Le court-métrage suisse se porte très bien. C’est un petit pays, qu’on connaît tous, avec ses différences linguistiques et culturelles. Mais, il y a de très belles écoles, à Lausanne ou Genève. Il y a un vivier de jeunes talents qui produisent des courts-métrages qui sont intéressants – c’est un mot assez faible –, remarquables et qui s’exportent très bien. Surtout l’animation, je trouve, qui voyage plutôt bien dans les festivals et récolte pas mal de prix. Il y a donc une vitalité qui est très intéressante et très prometteuse.

Dans une société où tout va très vite, tu penses que le court-métrage pourrait détrôner le long-métrage ?
Bonne question [rires]. Détrôner c’est peut-être un grand mot, je pense pas que ça arrivera. Grandir en tout cas, car il ne faut pas oublier que le cinéma a été inventé avec du court-métrage, les frères Lumière. Après, le long métrage a une visibilité plus grande et les cinémas sont là pour l’exploiter, au détriment du court-métrage. On essaie de faire changer les choses avec Base-Court [association suisse active dans la promotion de courts-métrages, dont il est le président, ndlr.], mais ça avance lentement. Si on parle un peu plus largement avec du « format court », on peut inclure les épisodes de séries télé. Et là, oui, il y a une expansion quantifiable. C’est un peu différent du court-métrage unitaire ou artistique, où une histoire se tient en une quinzaine de minutes, mais ça reste du format court. Les gens morcèlent leur temps et préfèrent plusieurs fois une trentaine de minutes que deux heures de film.

La tournée de cette 15e édition a déjà eu, en grande partie, lieu. Quels retours du public vous avez eu ?
Les chiffres parlent – c’est la première année où Base-Court s’occupe de l’organisation – et le public est plus présent, la fréquentation est en augmentation. C’est un travail de communication derrière qui est peut-être plus ciblé et plus important, et cela porte ses fruits. Ensuite, le retour du public est extrêmement positif. On arrive à le garder jusqu’à la dernière séance, vers 00h30 ; les salles sont encore pleines. Donc, on est très content.

La dernière date de cette tournée aura lieu dans la capitale vaudoise le 17 novembre, anniversaire également des 20 ans de la Nuit du Court de Lausanne. Que peux-tu nous dire sur cette soirée, qui dure jusqu’à 4 heures du matin ?
Alors là, c’est le feu d’artifice en fin de tournée ! C’est un bel anniversaire. On a quinze programmes thématiques : les quatre qui tournent partout, plus onze uniquement pour Lausanne. Ils sont issus d’une carte blanche à certains membres de Base-Court ou à nos invités, comme l’ECAL, Marie Gillain ou les co-réalisateurs des films d’animation belges Panique au village – du pure bonheur. On aura également des événements spéciaux, avec un juke-box court-métrage, où le public choisit en instantané quel film est diffusé. Ça commence à 19h avec un programme d’ouverture sur le cinéma vaudois, jusqu’à 4 heures avec un programme sur Le Père Noël est une ordure. On est avant-gardiste, on fête Noël avant tout le monde [rires]. C’est une grande grande soirée, avec 21 séances, et on distribue le café et les croissants.

Penses-tu que le court-métrage est assez valorisé en Suisse ? Comment tu vois son développement ?
On peut toujours faire plus, sinon on n’existerait pas. On défend le court-métrage suisse et international, en essayant de le placer où on peut. Mon cheval de bataille ces temps-ci est de le remettre dans les cinémas, en avant-programme. Il y a une certaine nostalgie d’un public qui a connu le court-métrage. J’arriverai à quelque chose en 2018, si tout va bien, avec principalement une programmation de réalisations suisses. C’est rendre visible au grand public ce qui se fait ici. On peut donc toujours en faire plus, même s’il y a déjà certains festivals qui se battent. Il y a de la marge.

Le vendredi 17 novembre au cinéma Pathé Les Galeries, à Lausanne.
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