À l’affiche cette semaine : Zaatar, FKJ, Bonobo

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La rentrée musicale s’affirme comme un remède contre la grisaille: cette semaine voit paraître des sorties très contrastées, du dark wave électronique aux plages pop californiennes. Cinq parutions retiennent l’attention, chacune explorant un univers sonore distinct et promettant des écoutes adaptées aux humeurs de l’automne.

Zaatar — First Crush

Pour l’inauguration de son propre label, CRVSH, Zaatar signe un EP qui affiche d’emblée des ambitions larges. First Crush (six morceaux) installe une esthétique où des basses insistantes et des textures modulaires côtoient des motifs d’inspiration arabe et une voix volontairement synthétique.

Synthétiseurs modulaires et câbles sur une table évoquant l'esthétique dark wave
L’univers modulaire et texturé de Zaatar, entre basses insistantes et motifs orientaux.

La musicienne décrit ce cap artistique comme de la « rawmantic techno » : un mélange de dark wave, d’électro hypnotique et de rythmiques susceptibles d’enflammer la piste. Les boucles progressent par paliers, créant une tension qui éclate parfois en pulsations euphorisantes — notamment sur « In The Light You Call My Name ». Cette première sortie fixe une identité et pose des attentes sur la suite du projet.

FKJ — Tyber

FKJ invite à ralentir avec un album de douze titres qui prolonge son goût pour les ambiances chaudes et instrumentales. Tyber joue sur l’équilibre entre électronique et héritage soul-jazz : saxophone, piano, basse et guitares tissent une atmosphère enveloppante, presque estivale.

Le disque multiplie les rencontres vocales et stylistiques — Lucy Park, Baby Rose, Bas, Eryn Allen Kane et Labirinth figurent parmi les collaborateurs — et mêle R&B, pop et textures synthétiques. Le résultat confirme la capacité du producteur à naviguer hors des catégories conventionnelles.

Bonobo — Distance In Static

Publié sur le label Ninja Tune, Distance In Static est présenté comme un projet majeur, possiblement la dernière grande œuvre longue du producteur britannique. Le disque accentue une orientation « club » perceptible dès les premiers titres : « Me and You », premier single, et le morceau suivant, « Cycles », misent sur des basses rebondissantes et des grooves pensés pour la piste.

Vue rapprochée d'un orgue et synthétiseurs superposés en studio
L’orgue dialoguant avec paysages électroniques sur Club Imperiale.

Au-delà du dancefloor, l’album intègre des touches de UK garage, de trance et de trip-hop, tout en restant fidèle à l’intérêt du musicien pour les musiques du monde. Bonobo y exploite des enregistrements de terrain malawites, des archives d’artistes iraniens et des instruments comme la harpe chinoise.

L’album accueille aussi des voix et des ambiances plus organiques : la collaboration avec Joy Crookes privilégie saxophones et timbres vocaux graves, tandis que Arooj Aftab intervient avec des paroles en ourdou, ancrant certaines pièces dans des résonances sud-asiatiques.

Maxime Denuc — Club Imperiale

Le compositeur belge publie Club Imperiale via le label light-years, fondé par Caterina Barbieri. Son pari est simple et stimulant : faire dialoguer l’orgue — loin des usages liturgiques — avec des paysages électroniques contemporains.

Sur des plages comme « Everytime », une nappe solennelle se heurte à des synthétiseurs diaphanes et rapides, créant un contraste cinématographique. L’ensemble de l’album privilégie des textures planantes et invite à une écoute introspective plutôt qu’à un mouvement frénétique.

Almost Monday — Thanks God It’s Almost Monday

Le trio californien propose un antidote au spleen automnal avec un disque baigné de soleil et de guitares. Thanks God It’s Almost Monday mise sur une indie pop-rock lumineuse, idéale pour les trajets en décapotable et les ambiances routières.

Des touches électroniques discrètes viennent accompagner des riffs de guitare entraînants et des refrains faciles à retenir. Les textes et la production cultivent une décontraction romantique, servie par une esthétique visuelle rétro — visible notamment dans le clip de « Superprism », qui évoque un Los Angeles vintage entre Hollywood Boulevard et Beverly Hills.

Au final, ces sorties forment un panorama cohérent de ce que la scène contemporaine peut offrir cette semaine : du club à la contemplation, en passant par des expérimentations sonores qui valent le détour.

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