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Le magazine TIME a publié sa sélection des cent personnalités technologiques les plus influentes, mais l’un des absents les plus remarqués a surpris observateurs et professionnels. L’omission du fondateur de Nvidia interroge, tant l’entreprise joue un rôle central dans l’infrastructure actuelle de l’intelligence artificielle.
Un rôle matériel devenu stratégique
Les processeurs créés à l’origine pour les jeux vidéo se sont imposés comme des outils essentiels pour entraîner les réseaux de neurones. Les capacités de calcul massives de ces puces ont transformé des recherches théoriques en applications concrètes.

L’essor de l’IA moderne repose largement sur cette architecture. Sans la puissance de ces accélérateurs, nombre de modèles de langage contemporains n’existeraient pas tels quels. Sur le plan financier, le groupe affiche des résultats spectaculaires : le chiffre d’affaires du deuxième trimestre fiscal s’établit à 96,2 milliards de dollars, soit un doublement par rapport à l’année précédente. Les investisseurs vont jusqu’à qualifier l’entreprise de « banque centrale de l’IA ».
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Puissance industrielle et tensions internationales
Le commerce de composants siliconés n’est plus qu’une affaire commerciale : il est devenu un levier géopolitique. Washington a resserré les règles sur l’exportation de technologies sensibles vers la Chine, au nom de la souveraineté numérique et de la sécurité nationale.

Le contrôle des composants physiques influence directement la trajectoire des concurrents globaux et des déploiements de centres de données. Dans ce contexte, le fournisseur de ces processeurs se retrouve au cœur de nombreuses opérations stratégiques, malgré des critiques répétées sur la durabilité de son modèle économique.
Des choix éditoriaux axés sur la visibilité
La liste de TIME accorde une place marquée aux créateurs de logiciels et aux visages médiatiques. Sam Altman, Elon Musk et Dario Amodei figurent parmi les dirigeants mis en lumière par le magazine.
En revanche, le dirigeant de Nvidia n’apparaît pas dans le palmarès, tout comme Mark Zuckerberg et Demis Hassabis, qui restent également en marge. Ces trois personnalités avaient pourtant partagé le titre de personnalité de l’année 2025, rappelle la publication.
Le comité de rédaction défend sa démarche : il dit vouloir refléter « les récits marquants de l’année écoulée », favorisant visiblement les profils ayant généré une forte visibilité médiatique immédiate. Ce choix soulève des questions sur la façon dont l’influence est mesurée et racontée.
La surprise des entrées inattendues
Le grand public a noté la présence d’acteurs et de célébrités. Ben Affleck est cité pour son entreprise d’outils de post‑production, qui a attiré l’attention du secteur après son acquisition au printemps dernier par Netflix pour une somme élevée.
Paris Hilton figure également dans la liste, pour son engagement contre les deepfakes non consentis. Une approche qui, pour certains observateurs, met en lumière une sélection plus « populiste » que technique et laisse de côté les manufacturiers.
Des fondeurs comme AMD ou TSMC fournissent pourtant les outils indispensables à la ruée vers l’algorithme. Leur rôle de « bâtisseurs de l’ombre » reste central dans la transformation en cours, même s’il est moins visible dans les palmarès médiatiques.
En fin de compte, cette édition de TIME illustre une tension persistante : faut‑il mesurer l’influence par l’impact médiatique immédiat ou par la contribution matérielle durable à l’écosystème technologique ?












