Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Le mardi 2 juin 2026, le Bataclan a retrouvé l’effervescence d’une grande soirée électro : le duo new-yorkais Fcukers y présentait les titres de son premier album Ö, après une série de concerts et DJ-sets qui ont fait parler d’eux cette année. Retour sur une affiche qui associait énergie club et moments plus intimistes, entre deux premières parties contrastées.
Des premières parties qui plantent le décor
La soirée a démarré avec PPJ, duo emmené par Povoa et Páula, qui a mis en place une techno solaire et dansante — un cocktail de basses soutenues et de mélodies accrocheuses. Leur récent EP Joker a servi de fil rouge, notamment sur des titres comme « Me Pega ». La transition entre « Para Ser Feliz » et « Sexy Doce », mêlant trompettes et influences budots philippines, a particulièrement retenu l’attention.
OpenAI : un modèle remet en question une hypothèse mathématique formulée il y a 80 ans
2026 : quel secteur proposera les hausses de salaire les plus importantes ?
Entre deux remerciements en plusieurs langues, la chanteuse a même surpris la salle en annonçant sa grossesse : « It’s gonna be a techno baby boy (Ce sera un petit garçon fan de techno) », a-t-elle lancé au public médusé.
Plus tard, DeepFaith a pris le relais avec un set aux contours imprévisibles. Byron Spencer, au chant, et Danial Stricker, multi-instrumentiste et auteur de collaborations récentes avec Sébastien Tellier, Kid Cudi et SebastiAn, ont livré un spectacle hybride où l’électro-house flirte avec des accents classiques et même du hard rock. Des éléments scéniques — veste de moto équipée de lasers, fumigènes et casque de réalité virtuelle transformé en theremin — ont ajouté une dimension visuelle marquante au show.
Le set principal : entre hymnes new-yorkais et moments bruts
L’entrée en scène de Fcukers a lieu vers 21 h 30. On retrouve rapidement la configuration live — Rythm Luna à la batterie, Luka aux platines, Jackson Walker Lewis à la guitare et aux machines, et Shanny Wise au premier plan. Le groupe ouvre avec « Mothers », premier single déjà connu du public, avant d’enchaîner une grande partie des morceaux de Ö.
Le concert déroule des titres comme « Beatback » ou le passage chanté sur les lettres de « L.U.C.K.Y », enrichis de petites transformations live : vocoder, samples de scratch et passages synthétiques qui renforcent l’atmosphère club. Sur « if you wanna party, come over to my house », des arpèges furtifs de synthé viennent électrifier une version déjà très fédératrice.
Intimité et frénésie
Parmi les instants plus posés, le duo propose « I Don’t Wanna » et même une chanson inédite des débuts, dédiée par Jackson à des membres de sa famille présents dans la salle. Ces pauses guitare apportent une respiration bienvenue qui compense parfois un manque de puissance dans certaines séquences plus électroniques.
La version live de « Getaway » prend des allures d’hymne new-yorkais, tandis que les interventions scéniques de Jackson — ôtant sa veste, mimant le départ d’une moto-cross — cultivent un mélange assumé de provocation et d’humour. Les samples préprogrammés et les scratches confèrent à l’ensemble une teinte résolument DIY, renforçant l’identité du groupe.
Une fin de concert marquante
Les rares prises de parole sur scène n’en sont que plus saillantes : Jackson lance à un moment un cri politique — « Fuck Donald Trump » — immédiatement repris par une partie du public. La piste « Homie Don’t Shake » profite d’un éclairage stroboscopique multicolore, et le refrain de « Bon Bon » déclenche un singalong massif côté public.
Quand, peu avant la fin, Shanny annonce : « C’est la dernière chanson, et celle-là, on ne l’a jamais faite sur scène », la salle retient son souffle. Le groupe propose alors son remix de « What You Want » (originalement lié à Justice), et la présence d’Angèle sur la sortie surprend plus d’un spectateur — certains ne l’identifient qu’une fois dehors.
Bilan
Sur scène, Fcukers affiche une identité sonore nourrie des années 1990–2000 : un brassage de Big Apple attitude, bass music, électro, trip-hop et French Touch. Le concert au Bataclan a alterné poussées club fulgurantes et moments plus chaleureux, laissant une impression globale de soirée réussie, même si quelques passages auraient gagné en densité sonore.
Pas d’after pour nous au Silencio : nous repartons la tête pleine d’images de clubbing et la certitude d’avoir entendu, en live, l’énergie qui a fait monter le duo sur de nombreuses playlists cette année.












