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Broken Bridge, les sixties en fondations

Marco Crescenzio aka Don Saltamontes (au premier plan) et William Grobet aka Captain Will sur la scène de Proxima, mercredi soir – © Damien Moriggi (SRvisuals) pour Slash Média

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Ils ont la fureur de la punk sixties, le dandysme sale de la punk sixties, l’accoutrement de la punk sixties. À les entendre, on se croirait dans une petite salle aveugle de Manchester, un bock à la main et les yeux rougis par la fumée des cigarettes. Pourtant, ils sont nés à l’aube des années 2000, du temps où Avril Lavigne et Tragédie étaient encore des êtres divins adulés et respectés.

Ils, c’est Broken Bridge. Presque nostalgiques d’une époque inconnue. Trois garçons de la Côte, «dans le vent», comme disent les jeunes des sixties, avec la gratte qui démange et la volonté de bousculer le rock romand.

Les chaussettes vermeilles, assorties au veston, Don Salmontes (à la guitare et au chant) ouvre la marche, suivi de près par Red Knee (à la batterie et au chant) et sa mèche blonde impeccable. Enfin, le dernier arrivé dans la bande, Capitain Will (à la basse), longiligne, presque filiforme, s’engage, lui aussi, dans l’escalier du Café des Docks.

Mercredi, la salle lausannoise accueillait la formation garage rock dans le cadre de Proxima, leur projet de soutien à la nouvelle scène helvétique. Et sous les airs angéliques du boys band se cachent en réalité la frénésie du guitariste, la contention du batteur et la transe du bassiste. Une fois entré en scène, le groupe nyonnais s’électrise et laisse jaillir une folie bluffante, extatique.

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Gentleman-rockers

Transpirant la fièvre du départ, le trio de gentleman-rockers sortait le 20 octobre 2018 «Live in Geneva», son premier album aux riffs distordus et à la rythmique soutenue. Douze titres, enregistrés en live cette année, au Bouffon de la Taverne de Genève. Pour Marco, Alex et William (à la ville), l’énergie du live est quelque chose de primordial : «Nous faisons cela par authenticité, assure le dandy-guitariste. Nous voulons que le public puisse entendre la même chose en live que sur support digital».

Dans cette cellule rock croissante, l’osmose est le principal moteur. Pour le moins prolifiques, lors de leur première répétition en 2017, Don Salmontes et Red Knee écrivirent six morceaux. Quasi deux années plus tard, certains ont été abandonnés, d’autres réarrangés. Mais, qu’importe, l’envie et toujours là ; à l’image de leurs sept concerts donnés entre octobre et novembre dernier, de Genève à Chexbres, en passant par Lausanne et Nyon. «Notre but était de réussir à jouer hors des frontières», explique Salmontes. Pari tenu : le groupe terminera en décembre son «Autumn 2018 x Tour», à Paris, lors d’une Garage Christmas Party.

Alex Ketter aka Red Knee, pendant l’interprétation survoltée de “Sugar”, mercredi soir – © Damien Moriggi (SRvisuals) pour Slash Média

À l’écoute des pistes qui composent cet album, à l’écoute de Strange Pleasure, de Worst Shadows, de Candy Mountain, de ces compositions chantées d’une voix crachée, de ces textures saturées, passées par les filtres du lo-fi, on se plaît à penser qu’il y a là un début de grande aventure. Leur prochain objectif : «Sortir un 45 tours. Les groupes garage le faisaient beaucoup, il y a 50 ans. Et nous aimerions faire de même», raconte Don Saltamontes. Sixties, disait-on ?

«Live in Geneva», le premier album des Broken Bridge, est à retrouver sur Bandcamp.

Les trois rockeurs seront en concert le 21 décembre 2018 à la «Garage Christmas Party» de Paris.

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5 groupes suisses à découvrir ou redécouvrir

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De g. à d. : Petit Navire, La Gale et Submaryne – Droits réservés

Le milieu musical suisse regorge de talents. Pour bien commencer cette année 2019, Slash vous fait découvrir ou redécouvrir cinq groupes ou artistes à écouter absolument. Un mélange de styles, du nouveau et du connu : un joli melting-pot rien que pour vos oreilles.

Giant Papaya

Le groupe lausannois Giant Papaya est formé par deux rappeurs ayant déjà travaillé individuellement (Big Friendly Giant et Grand Papa Tra). En anglais, ils balancent leur flow avec une petite touche groovy. Leur premier album en duo, «Juice», promet beaucoup !


Giant Papaya sera en concert le 19 janvier 2019 au «Week-end Rap & Trap III» du Nouveau Monde de Fribourg.

Petit Navire

Leur premier EP «Bali» a tout de même été signé sous le label de l’artiste belge Lost Frequencies, Found Frequencies. Le duo Petit Navire, composé de Gaston et Adam, se définit comme lausannois, ville de leur rencontre. Actuellement, les deux jeunes finissent une collaboration avec le producteur barcelonais Yall.

Submaryne

Rien qu’en écoutant le titre «Bali», on a l’impression de se retrouver sur une plage, en été, un cocktail à la main. Les sonorités estivales sont encore sublimées par la sublime voix de Submaryne, jeune chanteuse lausannoise. L’artiste a sorti en 2018 son premier album « Encore », dans lequel plusieurs reprises vous feront revisiter des classiques comme « Hit Sale » de Therapie Taxi ou « Junebug » de Robert Francis.

La Gale

Karine Guignard, alias La Gale, produit un rap engagé. La Lausannoise ose mélanger quelques sonorités rock ou orientales. Elle distille ses punchlines avec une aisance déconcertante.

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Director

Le groupe fribourgeois continue son ascension dans le monde du rock suisse. Formé par cinq potes (Hugo, Luca, Raphaël, Mattia et Blaise), Director jouera notamment aux Hivernales de Nyon et compte bien faire bouger le public avec son indie rock déroutant.


Director sera en concert le 9 février 2019 au Ned Club de Montreux, puis Le 28 février 2019 au festival Les Hivernales de Nyon.

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Rencontre avec le SexoapCrew, six têtes lourdes qui sortent de leur Bulle

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SexoapCrew
© Billy

Respectée pour sa fondue «moitié-moitié», la ville de Bulle se situe au centre de la Gruyère, non loin de Fribourg. 1630 (seize-trente) est le matricule de ce lieu de rencontres culturelles, avec ces marchés folkloriques, les foires à bétail, les expositions, théâtres et autres spectacles qui réunissent un public très varié.

La musique à Bulle, plus précisément le rap, tient une place importante. Les rappeurs tels que B.Bess, Blake (Old’Team) ou encore l’entrepreneur Drin sont des acteurs qui donnent à cette ville de la valeur tant musicalement qu’en termes événementiels. Il y a aussi le SexoapCrew, un collectif qui réunit six mecs. Une chose est sûre : ces jeunes ont la «dalle» et sont passionnés de musique. Chaque membre a sa propre identité et le collectif se complète ainsi dans sa musique, mais aussi en dehors de celle-ci.

Le SexoapCrew, lors de son concert à la salle Ebullition de Bulle, en 2017 – DR

SexoapCrew assurait la première partie de Rémy & Jossman à l’occasion de l’event Sneakers ‘n’ Beats. Les rappeurs bullois ont mouillé le maillot et se sont faits plaisir. Rencontre.

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Slash : Qui est le SexoapCrew ?

Simcheck : C’est un groupe d’une vingtaine de potes, qui compte six rappeurs venant de Bulle et des environs. On a grandi ensemble, on a appris à se connaitre et le rap est un truc qu’on a développé ensemble. Quand on faisait nos apéros dans le froid, sous la pluie, sous la neige… Bref, dans toutes les situations météorologiques, on a commencé à rapper… Après quelque temps, on a décidé de faire quelque chose, vu que le rendu était bon.

Quel a été votre premier contact avec le rap ?

Sunem : Comme SGK l’a dit, le premier contact s’est fait pendant les apéros, à la Condémine, la «Condé» [établissement scolaire de Bulle-Morlon, ndlr.]. On a commencé à faire les choses sérieusement. La salle Ebullition nous a contactés afin qu’on se produise, lors d’une soirée dédiée aux nouveaux talents. L’expérience s’est super bien passée, on a décidé de continuer l’aventure, les six.

Comment définiriez-vous votre musique ? Quelles sont vos influences ?

Tacchini : Notre musique est différente, car on écoute pas le même son. Le mélange de nos goûts musicaux et nos influences donnent l’ADN du SexoapCrew. On est tous différents les uns des autres, ça apporte une alchimie qui est assez bonne, j’ai l’impression.

Qu’est-ce que chaque membre apporte au groupe ?

Sunem : On est six mecs très différents, au niveau du style, du rap, etc. Certains ont plus de facilité à composer un refrain, à le chanter car ils ont une bonne voix. D’autres ont plus de flow… Quand on se rassemble, les idées fusent ! Ce qui fait, qu’on crée une «bête» de son (rires) !

Sur votre chaîne YouTube, les trois premiers clips portent le nom du groupe et les trois derniers sont des solos/duos, pourquoi ?

Tacchini : C’est parce qu’on ne se limite pas à du projet de groupe. On ne se restreint pas à faire des solos, des duos… On est dans une période où c’est «galère» de se retrouver les six, car il y en a un qui est à l’armée. C’est dur de trouver du temps. Si quelqu’un est chaud à faire un solo, un duo, un trio, peu importe, on va pas les freiner !

Simcheck : On est des frères. On se donne la force pour aller plus loin. Le but est de créer un truc tous ensemble, mais si l’un de nous peut aller plus vite, on le laisse. Le but est de se donner la force.

À quand votre premier projet ?

Dom : Ça, c’est… c’est confidentiel (rires). Courant 2019, quelque chose va se passer. On n’a pas de date précise. On espère début d’année. On a bossé tous ensemble, on a pu prendre le temps, c’est pour ça qu’il y avait moins de clips à six, sur YouTube. On va revenir en force !

Où enregistrez-vous vos morceaux ?

Dom : Au début, on enregistrait dans un studio… Maintenant, tout se fait dans ma chambre. On préfère être entre nous pour enregistrer, on se sent plus libres. On s’occupe que de l’enregistrement, du découpage des pistes et on envoie au mix. On a un peu de matos, on se débrouille avec ce qu’on a. On espère qu’au fil du temps, on acquerra plus de matériel et plus de qualité…

Sunem : Pour le projet à venir, de nombreux morceaux ont été enregistrés dans un chalet, à La Tzoumaz. On a installé le studio dans une chambre. On était isolés de tout, on a beaucoup créé.

Quelle vision portez-vous sur le rap suisse ? Quels sont ses points forts et ceux à améliorer ?

Tacchini : Je pense qu’on vit une sacrée époque. Rien que les gars de la SuperWak Clique qui traversent les frontières, ils montrent que le rap suisse sait se défendre ! Le rap en Suisse se porte bien, comme en France ou en Belgique. Après, il est vrai que ce n’est pas facile de se faire connaître…

Dom : C’est un peu maintenant que tu as des groupes et des artistes qui sortent du lot. Il faut que cela continue, il ne faut pas que les gens s’arrêtent, il faut qu’ils tiennent le truc !

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Projet Proxima

Dans le cadre de son activité de soutien à la scène locale, les Docks présentent le Projet Proxima, un rendez-vous musical dans le Café, valorisant les artistes émergents. Un concert semi-acoustique, une résidence d’un jour et demi, ainsi qu’une captation audio et vidéo sont, entre autres, offerts.

Ce projet s’inscrit également dans une volonté formatrice. Les assistant.e.s son, communication, et production sont intégré.e.s afin qu’ils/elles comprennent les enjeux et puissent s’impliquer activement dans ce projet ambitieux. A l’instar des artistes, ils bénéficient de l’expérience d’une structure professionnelle et de son expertise.

Plus d’informations sur le site web des Docks.