fbpx
Sur les réseaux

Médias

Je quitte Slash. Mais prenez garde, je veille

Droits réservés

Publié

le

Je quitte Slash. Ou devrais-je plutôt dire « Slash Média » – parce que « quitter Slash » m’attribuerait un certain lien d’intimité avec un guitariste chapeauté (ce que je n’ai pas). Je quitte un projet. Je quitte une équipe formidable. Je quitte des responsabilités. Mais, ce que je quitte avant tout, c’est une idée.

Il y a trois ans, j’ai fait le pari un peu fou de créer un webmagazine géré par de jeunes plumes et journalistes en devenir. Ce « pure-player », comme disent les aînés en quête de jouvence, certains l’effleurent, le temps d’un seul et unique article. D’autres le caressent, en lui apportant idées neuves et énergie positive. Les rusés le font trembler, en essayant de déstabiliser les fondations. Les téméraires (ou masochistes, c’est selon), eux, le font vibrer, ils évoluent avec, se retroussent les manches et y mettent les mains. Bref, le média, je l’espère, d’une génération unie.

Start-up nation

Si nombreuses fois j’ai failli m’arracher les cheveux (et Dieu sait que j’en ai), j’ai toujours trouvé en le noyau dur de Slash une envie de continuer. Continuer à pagayer, tels des pirates d’eaux douces. Continuer à croire, tels des « journalopes de médias privés », comme disent les lecteurs dont la conception du monde a été subvertie. Continuer à avancer, tels des poulains qui ont envie de croire en leur profession vacillante. Cette profession vacillante, qui, en 1’096 jours, aura accueilli quelque 47 journalistes grâce à Slash Média et ses 234 sujets traités.

Parler de culture et de société en qualité de journaliste, c’est parler de cinéma sans même plus avoir le temps d’y mettre les pieds, c’est critiquer un album et ne pas le trouver franchement si mauvais, c’est parler des soucis des autres et oublier d’aller voir son propre psy. C’est également 236 heures passées au téléphone, 2’457 e-mails envoyés et 149 cafés bus « pour le travail », comme disent les entrepreneurs.

Ne changez pas

Aujourd’hui, juste avant de devenir uniquement « le gars de Slash Média », il est temps pour moi d’aller servir d’autres colonnes, chaînes et stations à la recherche de l’adrénaline qui me propulsait hors du lit avant mon propre réveil, chaque matin. Si je reste attaché à ce média en tant que consultant et producteur, de nouveaux projets sont d’ores et déjà en gestation.

Désormais, « place à la jeunesse », comme disent les trentenaires convaincus d’être bientôt rentier à l’AVS. C’est la pétillante Lucie Malherbe, jusqu’ici adjointe à la rédaction en chef, qui reprendra mon poste dès jeudi. Pas de grands changements en vue, mais une force de travail inébranlable, qui, chaque matin (on en revient), me conforte dans l’idée que j’ai choisi la bonne personne, afin de garantir à Slash le meilleur des avenirs, tout en conservant sa fonction de « média tremplin ». Lucie, le bureau est rangé et les classeurs triés par couleurs et par thèmes, comme tu aimes si bien le faire.

Enfin, même si cet adage ne peut être réellement attribué à notre bon vieux Voltaire, il est vrai d’affirmer que : « Je ne suis pas toujours d’accord avec ce que vous dites, mais, quoi qu’il en soit, je me battrais jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire ». À bientôt. Et le plus profond des mercis.

Voir les derniers articles de Malick Touré-Reinhard.

Médias

Les “millenials” à la tête du 19h30 de la RTS

Publié

le

De g. à d. : Hannah Schlaepfer, Hélène Joaquim, Muriel Favre et Sophie Badoux, en tête de file de ce "19h30" – © RTS / Philippe Christen

Le mercredi 31 octobre, le « 19h30 » de la RTS sera 100 % produit par des moins de 35 ans. De « l’actu dans le viseur des millenials », qui composent pas moins d’un tiers de la rédaction de l’Actualité TV. Un projet pour mettre en avant leur vision de celle-ci et leur manière de la raconter.

À la tête d’une trentaine de collaborateurs, quatre femmes : Sophie Badoux et Hélène Joaquim comme cheffes d’édition, Muriel Favre à la réalisation et Hannah Schlaepfer qui se chargera de la présentation. Elles ont chapeauté toute la préparation, des choix de sujets, aux manières de les traiter, en passant par la réalisation : « D’une manière générale, nous avons travaillé sur l’architecture d’un “19h30”, son rythme et l’enchaînement des sujets, en privilégiant aussi les journalistes en plateaux, afin de rendre plus vivante et dynamique la grande messe de l’actualité », raconte Sophie Badoux.

Un défi passionnant, mais pas si facile, avoue la cheffe d’édition : « Coordonner le tout, avec une équipe d’une trentaine de journalistes aux quatre coins de la Suisse, était un sérieux challenge ! Nous n’avons pas rencontré de “grandes” difficultés pour l’heure, et espérons que le jour J se déroulera sans accrocs ».

Séance de rédaction pour l’édition spéciale du 19h30 – © RTS / Anne Kearney

Ce projet est piloté par Christophe Schenk, rédacteur en chef adjoint de l’Actualité TV. Pour lui, cette idée d’édition spéciale est apparue naturellement : « Tous les jours, ils et elles amènent leurs regards, leurs idées et leur sensibilité aux diverses éditions que nous produisons. Avec ce 19h30 dédié, l’idée était de leur donner une occasion de proposer un projet plus ambitieux et d’imaginer une édition originale dans le ton, les thématiques et la réalisation, tout en restant fidèles à la mission d’information de l’Actu TV ».

Un journal produit par des jeunes, mais chapeauté par un journaliste expérimenté, cela ne risque pas de dénaturer le projet ? Il n’en est rien, c’est avant tout un échange pédagogique et enrichissant : « Cette supervision a avant tout pour but de proposer un encadrement, aussi bien pour définir ce qui est possible ou non, que pour mettre en place les moyens techniques pour réaliser ce projet (notamment au niveau du dispositif en plateau). Quant à l’échange entre les journalistes – quels que soient leur âge et leur expérience. Il permet de faire avancer la réflexion éditoriale, sans pour autant chercher à la diriger », se défend Christophe Schenk.

Les journalistes Hélène Joaquim (au premier plan) et Sophie Badoux sur la préparation de ce 19h30 – © RTS / Anne Kearney

Mais est-ce que la vision journalistique diffère beaucoup entre les générations ? Pour Sophie Badoux, la nuance est dans le choix des sujets : « Nous restons tous tout d’abord des journalistes, mais nous avons évidemment des thématiques qui concernent directement les jeunes qui nous interpellent peut-être plus particulièrement. Par exemple, notre document du jour parlera de la libération de la parole sur l’orgasme féminin. ». Cela serait-il dû à un clivage générationnel ? « On ne pense pas qu’on puisse parler de clivage. Dans le fond, on n’a pas envie d’opposer jeunes et vieux, le but de notre TJ spécial est aussi de rassembler autour de l’actualité », explique la jeune cheffe d’édition.

Quant à la représentation des millénials dans les médias romands, Sophie Badoux a un avis plutôt tranché : « Il y a de la marge pour faire mieux ! Mais on peut aussi se demander s’il y a une place suffisante pour les femmes, les personnes à mobilité réduite, la communauté LGBTQ… ». Pour Christophe Schenk, les nouveaux formats ont permis l’inclusion de la génération Y : « Qu’il s’agisse de Nouvo ou de la vidéo textée sur le net et les réseaux sociaux, l’Actu TV a développé ces dernières années de nouveaux formats adaptés aux vecteurs actuels et aux nouveaux publics ».

Même si, pour le moment, ce 19h30 est une édition unique, il pourrait être le début d’une nouvelle forme de collaboration, comme l’explique Christophe Schenk : « Nous ferons un bilan plus tard et verrons si et comment perpétuer ou poursuivre ce travail, voire même s’en inspirer au quotidien ». Quelques détails sont encore à régler, et Sophie Badoux avoue être un peu stressée. Mais elle relativise vite : « Tout est en train de se mettre en place et de prendre forme, donc nous sommes confiantes ». Fin du suspense mercredi soir. À 19h30, vous l’aurez compris.

L’édition sera suivie à 21h20 d’un « Infrarouge » spécial pour en débattre.

Continuer la lecture

Médias

Le média associatif « CultuRadio » souffle ses 5 bougies

Publié

le

Droits réservés

Certains en ont entendu parler sur les ondes, d’autres dans les couloirs d’un festival, CultuRadio n’est pas une radio comme les autres. Basée à Lausanne, elle fête sa 5e édition cette année.

Pourquoi « édition » ? Parce que la spécificité de cette radio est qu’elle est participative, en prenant part à un projet de médiation culturelle. Les animateurs et animatrices qui tendent le micro sont des amateurs et amatrices du médium radiophonique, en direct depuis des festivals et des institutions théâtrales. Cela se passe en public, donnant à celui-ci l’occasion de transmettre des expériences personnelles sur les arts vivants.

Pour apprêter ces médiateurs culturels en devenir, de tout âge et tout horizon, une formation technique et journalistique concentrée sur un week-end est guidée par plusieurs professionnels du milieu. Comment parler d’un spectacle, d’une œuvre ? Comment conduire une interview, un micro-trottoir pour en concevoir une émission, un direct complet ? Mais la quête centrale reste celle d’ouvrir la parole en plaçant la création artistique et l’expérience du spectateur au cœur du débat.

© Pierre-Yves Massot / Festival Belluard Bollwerk International, 2018

Pour Nicolas Favrod-Coune, fondateur du projet de l’association ParticiMedia, « la raison d’être de CultuRadio, c’est la création d’une super équipe avec un groupe hétérogène. Certains veulent mieux connaître le médium, d’autres la manifestation ». C’est par son expérience personnelle qu’il a réalisé que « en accompagnant un groupe dans une manifestation plusieurs années de suite avec un regard toujours neuf, l’immersion reste importante pour découvrir d’autres facettes artistiques. Cela permet à de nouvelles expériences de création et d’expression de voir le jour. Tout d’abord destinée à des jeunes, des mineurs, l’aventure s’est ouverte à tout le monde ».

L’éclosion de ce projet vient d’ailleurs tout récemment de faire l’objet d’une publication, « Dériver. Essai sur la médiation culturelle », par l’auteure Raphaëlle Renken. L’ouvrage retrace le parcours d’un véritable laboratoire où l’expérience des spectateurs et la place que les participants occupent dans les institutions théâtrales sont primordiales.

“Dériver. Essai sur la médiation culturelle”, par l’auteure Raphaëlle Renken – DR

Pour Nicolas Favrod-Coune, « CultuRadio donne aux participants des outils journalistiques rares aujourd’hui, car on a plutôt tendance à prendre le public par la main. Cet ouvrage est composé en deux parties : ce qu’on fait dans les ateliers et où l’on se situe en tant qu’accompagnateur. Le titre fait écho d’une part au projet qui s’installe au sein d’une institution culturelle en y entrant de manière nouvelle, et d’autre part, laisse la liberté aux participants et spectateurs de dériver ».

C’est, à l’heure actuelle, presque une centaine de participants qui ont pris les rênes des micros de CultuRadio, en direct de nombreuses institutions culturelles et festivals. Le fondateur souhaite continuer à tisser des liens avec d’autres régions et expérimenter de nouveaux territoires dans les arts vivants.

Si cela vous parle, vous titille, les inscriptions sont ouvertes pour la prochaine volée qui sera en direct des festivals JazzOnze+ et Les Urbaines à la fin de cette année.

Dériver. Essai sur la médiation culturelle
Raphaëlle Renken
Éd. A Type éditions, 2018

Continuer la lecture