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Une bataille judiciaire entre le géant de Cupertino et la société dirigée par Sam Altman prend une nouvelle tournure après le dépôt, le 10 juillet, d’une plainte pour vol de propriété intellectuelle. De récents éléments transmis au tribunal de district de Californie du Nord donnent un relief inédit à l’affaire, en liant des transferts de données à des usages d’outils d’IA.
Un ingénieur suspecté d’avoir transféré des plans sensibles
Selon le dossier, Chang Liu a quitté son employeur en janvier pour rejoindre l’équipe du groupe d’Altman. Les documents judiciaires affirment qu’il a conservé son ordinateur portable professionnel et qu’il y aurait copié un schéma de circuit qualifié de « hautement confidentiel ».
Le plan aurait ensuite été téléversé sur LTspice, un logiciel de simulation, où il aurait servi à des essais techniques. Un message texte daté de mars, versé au dossier, indique par ailleurs que l’ingénieur a mis en place un agent artificiel pour exécuter ces simulations de manière autonome.
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Les plaignants estiment que l’emploi d’un outil cognitif pour traiter des informations secrètes aggrave l’atteinte, car il permettrait au savoir-faire d’être absorbé et mémorisé par un réseau neuronal, rendant la fuite potentiellement irréversible.
Remise tardive du matériel et soupçons d’effacement
La société visée n’a remis l’ordinateur portable aux enquêteurs qu’en août, six semaines après le dépôt de la plainte, d’après les pièces du dossier. Cette remise tardive alimente les soupçons d’une volonté de masquer des traces.

Les avocats de la partie plaignante citent aussi des échanges datant de juin où le principal suspect évoquerait la destruction de données « forensiques » avec Yu‑Ting Peng, un employé lié à l’autre entreprise. Apple demande en conséquence la saisie d’un Mac Mini qu’elle identifie comme ayant servi à alimenter LTspice, ainsi qu’une procédure de découverte accélérée pour évaluer l’ampleur du préjudice.
La défense rejette les accusations et minimise l’enjeu
La société dirigée par Sam Altman récuse les accusations et qualifie la plainte d’infondée, voire d’expression de tensions internes. Elle met en avant les difficultés concurrentes à retenir des talents et à intégrer des fonctionnalités cognitives dans leurs produits.
Sur le cas de Chang Liu, la défense assure qu’il aidait d’anciens collègues à gérer leurs départs et n’avait pas l’intention de voler des secrets. Le dossier évoque également Tang Tan, un recruteur arrivé l’été précédent.
Apple reproche à Tang Tan d’avoir incité des transfuges à divulguer des informations sensibles lors d’entretiens. La partie adverse répond que les communications de Tang Tan ne contiennent aucun secret commercial identifiable et qu’aucune infraction à la loi fédérale sur la protection des secrets commerciaux n’est établie.
Un litige qui interpelle la justice sur l’IA
Au‑delà d’un contentieux classique sur le détournement de technologies, l’affaire pose une question juridique émergente : comment sanctionner l’intégration de secrets industriels dans des systèmes d’apprentissage automatique ?
Le juge doit désormais examiner la demande de découverte accélérée et décider des mesures provisoires. Selon les parties, l’issue de cette phase préliminaire pourrait influencer la manière dont la Silicon Valley encadre le recrutement et la protection des savoir‑faire techniques, bien avant un jugement au fond.












