Pour toucher 10 000 € par mois, une serveuse doit porter la tenue « typique » du quartier

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Dans une petite ville minière de l’Australie-Occidentale, des bars ont transformé l’uniforme de leurs serveuses en attraction touristique. Pour des salaires très supérieurs à la moyenne locale, des employées acceptent de travailler en lingerie, une pratique ancrée dans la ville et mise en lumière récemment par l’émission Zone Interdite sur M6.

Une coutume locale remontant aux années 1970

Kalgoorlie, cité d’environ 30 000 habitants située à plusieurs heures de route de Perth, conserve une tradition née avec l’essor minier : les serveuses dites « skimpies » servent au bar en tenue très légère. Selon le reportage, cette pratique aurait été instaurée dans les années 1970 pour attirer les mineurs et reste considérée par beaucoup comme l’un des signes identitaires de la ville.

Les établissements concernés, comme The Kalgoorlie Exchange ou le Gold Bar, ont troqué les costumes classiques contre de la lingerie fine et des sous-vêtements conçus pour le service en salle ou au comptoir. Les employées rencontrées par les équipes de l’émission expliquent que l’attrait est mutuel : les clients viennent en partie pour l’ambiance, et les serveuses y voient un moyen d’augmenter leurs revenus.

Des pourboires qui changent la donne

Le reportage souligne l’importance des pourboires dans la rémunération des skimpies. Une séquence montre qu’en moins de dix minutes, une serveuse peut collecter l’équivalent de plusieurs dizaines de dollars australiens ; d’après le documentaire, certaines atteindraient des revenus pouvant culminer, avec les pourboires, jusqu’à l’équivalent de 10 000 euros par mois.

En comparaison, la rémunération de base reste beaucoup plus modeste. Le reportage rappelle que le salaire minimum australien est de 980 dollars par semaine, soit environ 3 920 dollars australiens par mois — approximativement 2 400 euros selon la conversion citée. Ces chiffres rendent explicable la motivation financière des employées qui optent pour ce type de tenue de travail.

Cadre, limites et réactions locales

Si la clientèle est majoritairement masculine, l’émission note que des femmes locales fréquentent aussi ces bars, qui jouent un rôle social dans une région isolée. Certaines pratiques rapportées sont particulières : quelques serveuses laissent, par exemple, le terminal de paiement sans contact placé dans leur vêtement intime pour faciliter les transactions.

Les employées interrogées insistent sur la surveillance des responsables : selon elles, la direction veille à leur sécurité et tout comportement inapproprié de la part d’un client entraîne des mesures strictes, pouvant aller jusqu’à une exclusion définitive du lieu.

Pourquoi cela interpelle ailleurs

Le contraste entre cette économie de pourboires et la situation en France est frappant. Avec un salaire net moyen d’environ 1 500 euros par mois pour les métiers de la restauration, selon Hello Work, le secteur français connaît des tensions d’attraction de main-d’œuvre. À Kalgoorlie, la pratique des skimpies illustre comment des pratiques locales et la générosité des clients peuvent modifier fortement le profil de rémunération dans un contexte particulier.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé



Slash Média est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire