À l’affiche cette semaine: Supergirl, In Waves et On l’appelait Robin des Bois

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La nouvelle sélection de la rédaction offre un panorama contrasté : quelques belles réussites d’animation et de documentaires intimes côtoient des sorties plus discutables, dont une super-héroïne qui peine à convaincre. Voici ce qu’il faut retenir de cette fournée de films en salles.

L’événement

Supergirl (★☆☆☆☆), réalisé par Craig Gillespie, arrive comme une suite attendue au renouveau annoncé du DC Universe entamé avec le Superman de James Gunn. Le long métrage s’inspire du récit graphique Supergirl: Woman of Tomorrow, mais, selon la critique, la transposition à l’écran rate sa cible : la force et la nuance du matériau d’origine se perdent dans une succession de séquences de space fantasy jugées génériques et visuellement peu convaincantes. Bilan : un film qui, malgré son potentiel, laisse peu d’empreinte. (Frédéric Foubert)

Les films salués par la rédaction

In Waves (★★★★☆), première fiction de Phuong Mai Nguyen, se détache comme un grand moment d’émotion et d’inventivité. Adaptation de la bande dessinée d’AJ Dungo, le film mêle animation et jeu réel pour raconter une histoire d’amour traversée par le cancer, sur fond de skate et de surf. La mise en scène et la manière d’intégrer les dessins originaux ont séduit la critique, comme la performance soignée des interprètes — dont Lyna Khoudri — qui jouent parfois « sous » l’image. Une proposition touchante et maîtrisée sur 90 minutes. (Edouard Orozco)

On l’appelait Robin des Bois (★★★☆☆), de Michael Sarnoski, polarise par son parti pris : Hugh Jackman incarne un notoire révisionniste de sa propre légende, un héros brutal et manipulateur plutôt qu’un bandit au grand cœur. Le film alterne violence brute et longues séquences contemplatives, offrant un portrait rugueux qui rappelle certains choix de réalisation déjà vus chez Sarnoski. L’ensemble reste original, même si son rythme et ses ruptures pourront déconcerter. (Frédéric Foubert)

Documentaires et portraits humains

Andre Is an Idiot (★★★☆☆), signé Tony Benna, plonge en mode journal intime dans le parcours d’un publicitaire confronté à un cancer du côlon diagnostiqué tard. Le traitement allie humour désarmant et sincérité, ponctué d’animations qui traduisent les processus intimes du protagoniste. La force du film apparaît surtout dans ses derniers moments, lorsque l’homme, après la performance, se livre réellement à ses proches sans chercher la facilité émotionnelle. (Thierry Cheze)

Ghost Elephants (★★★☆☆), de Werner Herzog, suit les investigations autour des mystérieux éléphants de Lisima, en Angola, au côté du chercheur Steve Boyes. Herzog construit un récit d’exploration mêlant fascination pour la nature et respect des communautés locales. Le film offre de beaux passages mais pâtit de quelques longueurs et d’une voix off parfois trop présente. (Anne Lenoir)

Notre histoire — Chroniques du Caire (★★★☆☆), d’Abu Bakr Shawky, déploie la chronique d’une famille cairote à travers les rêves d’un jeune pianiste, Ahmet, partagé entre la vie du quartier et l’ailleurs autrichien de sa correspondante. Le film couvre plusieurs décennies (de 1967 aux années 1980), esquissant l’évolution politique et sociale de l’Égypte à travers des épisodes vivants mais parfois trop nombreux pour permettre un véritable attachement à tous les personnages. (Lucie Chiquer)

Frilosités et demi-teintes

Miss Mermaid (★★☆☆☆), de Pauline Brunner et Marion Verlé, adapte en fiction un documentaire précédent consacré à Alexia, candidate au concours physiquement exigeant de Miss Mermaid à Fécamp. Malgré la présence d’Aloïse Sauvage et une volonté de prolonger les questionnements sur identité et émancipation, la version fictionnée dilue la singularité du matériau d’origine et se fond dans une comédie sociale trop familière. (Thierry Cheze)

Entroncamento (★★☆☆☆), de Pedro Cabeleira, brosse un portrait cru de la jeunesse portugaise confrontée à la violence et à la marginalité. Le film mise sur un naturalisme frontal et sur l’écosystème du quartier comme élément central, mais la narration chorale manque parfois de cohésion : beaucoup de personnages semblent présents sans toujours produire d’impact narratif clair. (Lucie Chiquer)

Laissez‑nous les clés (★★☆☆☆), de Yacine Helali, revient sur l’initiative solidaire née après la liquidation judiciaire d’un McDonald’s dans les Quartiers Nord de Marseille en 2021. Kamel Guemari, dernier salarié sur place, a transformé le lieu en « Après M », expérience collective racontée de l’intérieur. Le film rend un précieux témoignage, mais aurait gagné à creuser davantage les tensions internes et externes pour mieux restituer l’ampleur du combat mené. (Thierry Cheze)

Déceptions

Un champ de fraises pour l’éternité (★☆☆☆☆), d’Alain Raoust, suit les derniers instants d’un micro-monde marginal, celui des pensionnaires d’un camping anciennement vibrant. Souhaitant livrer une comédie douce-amère peuplée de portraits iconoclastes, le réalisateur peine selon la critique à embarquer le spectateur : le film finit par lasser plutôt que toucher, malgré une intention sociale et nostalgique évidente. (Anne Lenoir)

À voir aussi

Parmi les autres sorties à l’affiche : Autour de Lucio (Etienne Barrier & Pierre‑Alain Delisse), Mon premier cinéma avec les trois Bricochons (Romain Villemaine) et Permis de détruire (Éric Fraticelli). En reprises, la programmation propose Disons, un soir à dîner (Giuseppe Patroni Griffi), Kwaïdan (Masaki Kobayashi) et Le Tombeau des lucioles (Isao Takahata).

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