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Société

J’ai parlé handicap avec des universitaires. Et il y a peut-être encore des progrès à faire…

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Il y a des jours où, bien qu’en fauteuil roulant, l’expression « se tirer une balle dans le pied » est un bel euphémisme. Et pourtant, on a tenté de m’en dissuader de nombreuses fois, mais plus la pente est raide et glissante, plus le défi semble attrayant – parce que scabreux.

Assez parlé de moi. Parlons d’eux. Eux, ce sont les universitaires. La plupart (heureusement pas tous) sont faussement plongés dans un livre, un poil hors réalité. « Faites attention, l’excellence rend dédaigneux », clamait, sans arrêt, l’un de mes anciens profs. Il n’avait peut-être pas tort. Sortir un étudiant de sa zone de confort, c’est un peu comme retourner une tortue sur la carapace ou saler une limace ; vicieux, mais à tenter une fois ou l’autre.

En ce jour froid de mars, je suis parti à la rencontre d’universitaires lausannois. Au programme, un sujet qui les préoccupe peu : le handicap. Ça grince des dents et ça ricane, qu’ils viennent de Sciences Po’, de Médecine ou de Lettres. Ils sont 6 volontaires, âgés de 19 à 26 ans. 3 filles et 3 garçons. Le panel n’est donc pas représentatif d’une éventuelle réalité, mais indicatif.

Seul, face à ce bouillon de culture, je commence par leur poser une question en apparence simple : « Avez-vous un ou une pote en situation de handicap ? » Terre. Stratosphère. Trou noir.

C’est moi l’handicapé.

Après quelques longues secondes, le premier, à tort, se lance : « C’est moi l’handicapé ». Zéro gêne. Je relève, avec autant de finesse, qu’effectivement, après une intervention comme la sienne, il l’est certainement bien plus que moi. Il glousse… Non, ils gloussent. Mais, sa blague est tellement mauvaise que je m’amuse à lui demander de la justifier. Je me sens apprécié. Le hipster à la barbe encore inexistante me regarde mauvais. Le sentant à court d’arguments, je n’insiste pas. Ambiance.

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90 minutes, c’est long. Alors, pour structurer la conversation et éviter les punchlines « OKLM », je me présente, raconte mon histoire, parle de mes relations, des leurs, de leurs envies… Mais, je n’oublie pas la question de départ, que je propose différemment : « Pourquoi n’avez-vous pas de liens avec des personnes handicapées ? »

Un petit gars bien soigné, type HEC 2e année, prend la parole : « Personnellement, c’est impossible pour moi… Enfin, ça dépend. Il y a une différence entre quelqu’un qui me bave dessus et quelqu’un en chaise roulante ». L’assemblée approuve. On y arrive. Le raisonnement n’est pas très positif, mais, au moins, un minimum réfléchi. Je lui explique que, si telle était sa réflexion, ce n’est pas parce qu’il y a d’importants troubles physiques qu’il y a nécessairement déficience mentale. « Et inversement », complète le hipster rigolo de tout à l’heure. Il a parfaitement raison, mais je ne peux m’empêcher de le taquiner gentiment, en déclarant que je pensais justement à lui.

L’atmosphère se détend un peu, malgré les questions et propos tenus qui, eux, restent curieux. Une brune aux allures pincées, après nombreuses tentatives avortées, se décide à prendre la parole : « Je pense que mon camarade a raison. Si ce n’est pas un handicap lourd, pourquoi ne pas avoir la même chance que tout le monde ? Avoir des amis, un partenaire, une vie… » On part vers le mieux. Je me permets simplement d’ajouter que, à mon sens, avec, certes, les aménagements nécessaires, le « potentiel chance » n’est pas moins élevé, chez une personne atteinte même lourdement dans sa santé. La remarque les fait vraisemblablement boguer, alors, afin de tenter le reboot, je passe à la suite.

C’est chaud, si tu parles de cul avec et l’handicapé ne peut pas choper !

Dans le groupe présent, tous sont volontaires. Tous, donc, disposés à partager leurs idées, sans tabou. Visiblement, la consigne a bien été comprise. Le troisième gars présent, qui jusqu’ici semblait taiseux, m’interpelle : « C’est chaud, si tu parles de cul avec et l’handicapé ne peut pas choper ! » Chaud ! l’handicapé n’a donc pas de sexualité ? Je me liquéfie. Il continue : « Ou pire, si lui chope plus que moi… » Fausse alerte, c’est un frustré. Je lui demande pourquoi ce serait pire, avant que l’HEC ne vienne enfoncer le clou : « En même temps, c’est vrai… On en voit des masses en soirées ? » Refusant peut-être de comprendre l’analogie, je propose à « l’Excellence » de faire une petite pause.

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Je rencontre, pendant l’interruption, Lauriane*. Elle m’explique avoir décidé de s’effacer pendant la première partie ; « Avec ce que je vis actuellement, ça me révulse ces remarques débiles. ”L’handicapé”, c’est dégueulasse ! On ne parle pas d’un meuble ou d’une chose… » Ce que vit la bachelière en Science Forensique, c’est une histoire d’amour avec une personne en fauteuil. Je l’incite à prendre plus de place dans la discussion. « Ça roule », plaisante-t-elle.

La différence, c’est beau et c’est passionnant.

Une fois nos places retrouvées, personne visiblement ne souhaite revenir sur la conversation de tout à l’heure. Lauriane prend donc la parole : « La différence, c’est beau et c’est passionnant. Mais de nos jours, la différence est mal vue et c’est dommage. Lorsque je me balade en ville avec mon copain qui est en chaise roulante, tout le monde nous regarde. Il y a quelques sourires qui se dessinent sur les visages des passants, mais ceux-ci se font rares. Ce qui se dessine généralement sur le visage des inconnus, c’est de l’incompréhension, de la pitié et du mépris. Pourquoi ont-ils de la pitié ? Pourquoi ne comprennent-ils pas que c’est un homme merveilleux que j’ai à mes côtés ? Pourquoi nous méprisent-ils ? » Pourquoi ? Devant elle, personne n’a de réponse. « Il faut savoir que mon copain a eu un accident de moto quelques mois avant que je ne le rencontre, on peut dire que c’était encore ”récent”. Les rares amis qui sont restés, les vrais, ne pouvaient pas se mettre à sa place, car ils ne savaient pas vraiment ce que c’était, mais ils sont restés, car ils ont décidé de ne pas le traiter différemment. Ils ont décidé de le traiter ”comme avant” ». Tout le monde est captivé. « Nous nous sommes rencontrés sur un quai de la gare de Lausanne, un dimanche soir. À vrai dire, nous étions presque seuls sur le quai. Le train est entré en gare, et je voyais justement un homme en fauteuil roulant, plutôt jeune, qui était à quelques mètres de moi. Puisqu’il n’y avait personne pour l’aider à monter dans le wagon, et le voyant avoir de la difficulté, j’ai décidé de l’aider. Puis, je me suis assise à côté de lui et tout a commencé ainsi… »

Après son émouvante histoire, Lauriane craque. Mais je ne fais pas de souci pour elle, heureusement, le hipster au grand cœur vole à son secours. Quant à moi, je m’en vais, espérant avoir permis à 6 étudiants de voir, désormais, le handicap avec un peu moins d’à priori. Ils se lèvent. Je fais mine d’essayer de le faire aussi. Peut-être est-ce moi, finalement, qui suis pénible (?).

*Le prénom a été modifié.

Société

Paléo : le lexique québécois pour «se payer la traite» au Village du Monde

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En 2008, l'Europe de l'Est fut mise en lumière grâce au Village du Monde – © Paléo / Boris Soula

Pour sa 17e édition, le Village du Monde du Paléo Festival mettra le cap sur le Québec et sa culture. Voici quelques locutions pour comprendre crissement mieux le français de la Belle Province.

«Si vous t’as la parlure québécoise, tu vas clairement t’achaler sur ces lignes-là». Comprenez : si vous parlez le français québécois, vous vous ennuierez certainement à la lecture de cet article.

Le Paléo Festival commence mardi, pour une 44e édition qui fera la part belle à la francophonie. Et pour cause, le traditionnel Village du Monde du festival, avec ses concerts, décors, et son artisanat typique, mettra le cap cette année sur le Québec et sa culture.

Lire aussi :  Douce francophonie et rap solide au Paléo

Depuis de nombreuses années déjà, les autres francophones du monde, qui prennent terre en sol québécois, pour une nuit ou pour la vie, tergiversent volontiers sur le sens du «dialecte» pratiqué par les Québécois, nos cousins «pure laine».

Alors, pour avoir une parlure impeccable auprès de votre voisin de comptoir, Slash vous propose un lexique québécois faisant appel à quelques locutions bien utiles sur la Plaine de l’Asse (ou pas).

Parlure empreinte d’hisoire

Selon Le Petit Livre du parler québécois de Claire Armange (éd. First,  2016), le vocabulaire de la Belle Province est riche de mots liés à son histoire. Le langage québécois, on s’en doute fort, doit la grande partie de ses origines à l’ancien français. Les Québécois défendent avec fierté la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise en Amérique du Nord.

Langue des premiers colons venus peupler la Nouvelle-France, il a subi, au fil des époques, des gouvernances et des influences des Premières Nations, un métissage avec les langues autochtones aussi bien qu’avec la langue des conquérants anglais.

Le français des Québécois, alors, se teinte de plusieurs anglicismes, de quelques termes autochtones et de beaucoup d’expressions issues d’une culture agréablement imagée et parfois complètement fantaisiste. On y retrouve, notamment :

des régionalismes français bavasser (bavarder, dire des médisances), astheure (maintenant), la broue (la mousse), prendre son respir (retenir son souffle), maganer (abîmer, maltraiter) ou encore souventes fois (souvent) ;

des emprunts faits à la langue amérindienne : un achigan (un poisson), un atoca (une canneberge), la babiche (une lanière de cuir) ;

des québécismes, des mots ou expressions propres au français du Québec : bûcher (abattre un arbre, couper du bois), il mouille (il pleut), la poudrerie (une fine neige tourbillonnante), une secousse (un certain temps), le solage d’une maison (les fondations) ou une tuque (un bonnet de laine).

Lexique

Achaler (v.) – ennuyer, importuner

Ce verbe provient probablement du verbe chaloir qui signifiait approximativement importuner de façon excessive dans un vieux dialecte normand.


Bardasser (v.) – action de chahuter, de bousculer quelqu’un ou quelque chose / action de faire du tapage

Verbe à l’origine incertaine. Emprunté soit du verbe poitevin «bordanser» (balancer, secouer), soit de l’onomatopée par laquelle on désigne le bruit que faisaient les soldats en emmenant leur «barda».


Bécosse (n.f.) – toilettes

Mot probablement né d’une déformation de la locution anglaise «back house», qui se traduit par «maison à l’arrière». Cette dénomination désignait autrefois les latrines extérieures.


Bourré, être (exp.) – avoir trop mangé

Expression francophone qui peut signifier également «soul» ou «riche».


Calice (inter.) – sacre manifestant la colère ou l’indignation

Le calice, du grec kulix, est un vase sacré de la liturgie chrétienne, présentant la forme d’une coupe évasée portée sur un pied élevé.


Char (n.m.) – voiture, bagnole

Ce mot, dérivé du latin carrus, a longtemps été perçu comme un anglicisme, à tort, au Québec, étant donné sa similarité avec le mot «car». Néanmoins, le Cambridge Dictionary le réfère comme un mot d’origines françaises et latines.


Catin (n.f.) – petite fille

Outre son sens français de prostituée, le terme «catin» au Québec, retrouve son sens de pureté. En effet, le mot «catin» vient du prénom Catherine, qui lui vient du mot grec katharos, qui signifie «la pureté». En France, on lui attribuait, autrefois, le sens de jeune fille de campagne, ce qui expliquerait le sens québécois.


Frencher (v.)  rouler une pelle

Ce verbe provient du verbe anglais «to french kiss» (embrasser).


Fou comme un balai, être (exp.) – personne qui a perdu la raison, dont le comportement semble insensé

Cette locution tire son origine du 19e siècle. La confection de ces outils ménagers se faisait à la main par des ouvrières, et le talent de ces dernières était un atout important. Lorsque le cordage n’était pas bien fait, la direction que prenait le balai était imprévisible. Le balai n’en faisait qu’à sa tête, tel un fou.


Gosse (n.f.) – synonyme familier de «testicule»

Ce mot est apparenté à «gousse», qui signifie une enveloppe des graines des légumineuses. Utilisé comme verbe, comme dans «tu me gosses», il s’apparente à «tu m’énerves».


Hambourgeois (n.m.) – hamburger

Mot québécois utilisé pour franciser le terme anglais «hamburger».

Itinérant.e (n.m.f.) – sans-abri

Les termes «itinérant» et «itinérante» font maintenant partie du vocabulaire de la sociologie au Québec. Dans le registre courant du français dit «de France» (en opposition au français québécois), l’on parle de «sans-abri», définissant ainsi ce groupe social en rapport à un bien matériel qu’il ne possèdent pas. Tandis que, de l’autre côté de l’Atlantique, cette catégorie de personnes est définie par son activité : le fait d’errer.


Joual (n.m.) – façon de parler dérivée du français de France

Le mot provient de «cheval», prononcé [jwal], comme en français du 17e siècle, utilisé en France jusque dans les années 1960. Aujourd’hui, il définit la façon de dénigrer le parler québécois («parler joual»).


Line-up (n.m.) – file d’attente, queue

Terminologie directement traduite de l’anglais. «Faire un line-up», c’est donc patienter dans la file d’attente.


Liqueur (n.f.) – boisson gazeuse

On ne s’étonnera donc pas qu’une mère propose à ses jeunes enfants d’aller «boire une liqueur», en attendant le concert de Robert Charlebois.


Se payer la traite (exp.) – se payer du bon temps

La traite était un moyen de définir une dette commerciale durant le Moyen-Âge. Il s’agissait d’un document qui fixait les modalités de remboursement (une sorte de crédit). Ainsi, l’expression trouve son origine dans ce premier sens : s’offrir quelque chose sans payer immédiatement, sous-entendu dépenser sans compter.


Pissou, être (exp.) – personne peureuse, lâche, qui recule devant le moindre obstacle

Cette expression, utilisée jadis en France, provient du latin pissiare qui veut dire «uriner». Pissou voudrait dire «enfant qui pisse au lit».


Robine (n.f.) – alcool fort et de mauvaise qualité

Mot calque de l’anglais «rubbing (alcohol)» (littéralement de l’alcool à friction).


Tabarnak / tabernacle (inter.) – juron exprimant le mécontentement, la colère

Déformation du mot français «tabernacle», qui, dans une église catholique, est une armoire contenant le ciboire et ses hosties. Dans la religion hébraïque, il s’agit d’une tente dressée, qui abritait l’arche d’alliance et les objets sacrés.


Tiguidou, c’est (exp.) – génial, super, trop bien

Ce terme est une pure création québécoise, à l’origine floue. La théorie la plus plausible est celle d’une variante de l’expression écossaise «tickety-boo», qui signifie «aller lentement, mais sûrement».


Tomber en amour (exp.) – tomber amoureux

Cette expression est la traduction littérale de la version anglophone «to fall in love».


Il n’y a pas de quoi se pitcher sur les murs (exp.) – se dit d’une chose qui n’a rien d’exceptionnel

«Ce concert des Twenty Øne Piløts était sympa, mais il n’y a pas de quoi se pitcher sur les murs».


Le 44e Paléo Festival se déroule du 23 au 28 juillet 2019, à Nyon. Infos, bourse au billets et programme complet sur www.paleo.ch. 

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Actu

Ceci pourrait être l’article d’une femme*

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Le 14 juin 1991 a eu lieu la première "Grève des femmes*" – Image : Keystone

Aujourd’hui, partout en Suisse a lieu la «Grève des femmes*». Sensible à la cause, Slash Média se fait porte-voix du manifeste rédigé en décembre 2018 par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes.

Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes : #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire.

En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

«Les femmes bras croisés, le pays perd pied !»

Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500’000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras : la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays : nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20’000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

L’égalité stagne : les femmes* se mobilisent !

Nous sommes toutes exposées au sexisme, aux discriminations, aux stéréotypes et aux violences, sur le lieu de travail, à la maison ou dans la rue. Mais nous savons que des oppressions spécifiques basées sur l’appartenance de race, de classe ou sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se combinent, si bien que certaines d’entre nous peuvent subir des discriminations multiples. Faire vivre la solidarité entre les femmes* du monde entier, c’est un des objectifs de notre grève.

Fortes de nos diversités, nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes, notamment à des fins racistes. Nous revendiquons le droit de vivre libres dans une société qui garantit des droits égaux pour toutes*.

Durant ces vingt dernières années, nous avons assisté à la montée des politiques néolibérales: les services publics ont été remis en cause, les prestations ont été réduites, des secteurs comme la santé ont été soumis à la logique marchande, les conditions de travail et de retraite ont été péjorées. L’économie capitaliste veut maximiser les profits au détriment de l’être humain et de l’équilibre écologique. Les femmes* sont les premières à en souffrir en tant que travailleuses précaires, migrantes ou encore mères, souvent seules responsables du foyer et des enfants.

Comme le disent les Islandaises: «Ne changeons pas les femmes, changeons la société !». Car l’égalité ne peut se réaliser dans un monde où seul compte l’argent, mais nécessite de construire une société où ce qui compte est le respect et le bien-être de chaque être humain.

Un mois avant la journée de la “Grève des femmes*”, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse. Ici, à Genève – DR

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Le 14 juin 2019, nous nous mettrons en grève sur nos lieux de travail, dans nos foyers et nous occuperons l’espace public

Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail. Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre. Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp.

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Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

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Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le 14 juin 2019 !


La «Grève des femmes*» a lieu le 14 juin 2019 dans toute la Suisse www.frauenstreik2019.ch.

Femme* : toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).

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