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Société

Intelligente et coquette, c’est possible ?!

Capture : YouTube

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Attention mesdames, même en 2018, on ne peut toujours pas être coquette et cultivée. Ou jolie et intelligente – choisissez les termes que vous préférez. Logique, je suis une femme, l’un exclut forcément l’autre. Soit je choisis d’être la fille au look parfait qui ne peut pas citer un seul nom de conseiller fédéral, soit je choisis l’option « Je sais tout » au look d’Ugly Betty, que l’on prendra au sérieux. Je ne peux pas être les deux.

Une femme qui prend soin d’elle est forcément moins intelligente. C’est connu, à chaque couche de mascara, à chaque ongle verni et à chaque centimètre de talon, le Q.I. et la curiosité intellectuelle diminuent. Les clichés ont la vie dure. Et qu’on se mette d’accord, je ne parle pas d’une femme surmaquillée avec une jupe à ras les fesses et des talons vertigineux. Juste d’une nana normale qui aime la mode, qui a son look, du maquillage, des ongles faits et parfois des talons. Rien de vulgaire, rien d’extraordinaire. Et pourtant.

Pourquoi est-ce qu’au 21ème siècle, une femme ne peut pas autant apprécier la politique, l’économie ou la culture que la mode et le maquillage ? Pourquoi doit-on choisir ? Pourquoi prendre soin de son apparence est encore synonyme de superficialité ? Dirait-on la même chose d’un homme ? Dirait-on à un homme de faire attention à son look parce qu’il est « trop bien habillé [dans le sens trop élégant, trop classe, trop « mode », nda.] et que ça peut lui fermer des portes » ? Permettez-moi de fortement en douter.

Le plus paradoxal dans cette histoire est que – simultanément – on nous reproche d’un côté de trop faire attention à notre look et de l’autre on nous réduit à celui-ci. On parlera d’abord de la coiffure ou de la tenue d’une intervenante féminine avant de se concentrer sur ses propos. C’est malheureusement valable dans tous les domaines : droit, politique, culture, management, enseignement ou encore journalisme.

Et tiens, parlons-en de ce cher milieu du journalisme. Le nombre de fois où l’on m’a sorti des « Ah mais tu es très lookée, tu es sûre que tu veux pas t’orienter vers un magazine de mode ? » ou « Fais attention, si tu as une jupe, la personne que tu vas interviewer risque de ne pas te prendre au sérieux » ou encore « C’est bien, ça se voit que tu sois la mode. Ça me dérange pas moi hein, mais sache que ça peut te fermer des portes ». Ce ne sont que des extraits, je pourrais en faire un recueil entier. C’est affligeant – et triste d’une certaine manière – de constater qu’un milieu qui, sur le devant de la scène, prône la tolérance et l’acceptation, dans les coulisses, contribue à pérenniser des idées aussi stupides que dépassées.

Le pathétisme atteint encore d’autres niveaux quand la remarque provient d’une autre femme. Et non pas dans un élan de bienveillance, mais juste avec une acerbité déconcertante. Mesdames, au lieu de critiquer, de descendre celle-ci parce que « quand même elle porte des talons » ou « Tu as vu celle-là, elle se maquille quand même beaucoup », soutenons-nous. Acceptons nous. Formons un front uni. Si on ne se respecte pas entre nous, qui le fera ?

Il est grand temps que les mentalités évoluent. En 2018, une politique doit pouvoir porter un pull de couturier, une avocate doit pouvoir être blonde décolorée, une enseignante doit pouvoir être blogueuse à temps partiel, une manager doit pouvoir porter un smokey eyes en journée et une journaliste société doit pouvoir porter des talons. Laissez les femmes être coquettes et féminines si elles le désirent. Leurs capacités intellectuelles ne descendront pas instantanément et elles ne feront pas moins bien leur travail. Croyez-moi.

Arts

Et si le Web mourrait demain ?

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© Lauren Huret

À l’occasion des 30 ans du World Wide Web – créé au CERN en 1989 –, plus de 50 artistes et professionnels prendront part au 15e Mapping Festival, du 23 au 26 mai 2019, à Genève.

Il y a tout juste 30 ans, à Genève, naissait le World Wide Web (WWW). Trois décennies plus tard, la possibilité d’un effondrement de la Toile fait frémir.

«La fin d’Internet serait-elle pour bientôt ?», c’est la question que se sont posés les organisateurs du Mapping Festival. Depuis 2005, l’événement genevois se donne pour mission de favoriser les échanges et participer activement au développement du milieu des arts numériques. Ainsi, l’exposition ​The Dead Web – La fin viendra, au travers des arts, imaginer notre vie sans Internet.

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Artistes suisses et québécois à l’honneur

Initialement composée de cinq artistes québécois, The Dead Web – La fin accueillera spécialement pour le Mapping Festival trois artistes suisses sélectionnés par le biais d’un appel à projets lancé début 2019. Les oeuvres présentées, qui plongeront le public dans un futur sans Internet, se veulent révélatrices de l’omniprésence du Web dans nos vies quotidiennes. Vernie le jeudi 23 mai, l’exposition s’étendra jusqu’au 2 juin, au Commun.

“Membranes”, portées par Lukas Truniger et Nicola Hein, est une installation performative qui transforme texte écrit en percussion lumineuse – DR

La créativité numérique à son apogée

Lors de ce vernissage, le DJ genevois Estebahn proposera un set entre downtempo, jungle et électro. Le week-end suivant, la Fonderie Kugler se transformera en laboratoire audio-visuel. Le vendredi 24, la performance délirante de Freeka Tet sera suivie du collectif russe Tundra, qui présentera sa toute dernière création, ​« ​Nomad ​»​, combinant vidéo et laser. La soirée se clôturera en beauté avec un DJ set du suisse Acid Kunt. Le samedi, ce sont Grand River & Marco C qui lanceront les festivités avec leur projet ​« ​0,13% ​»​, voyage poétique entre humain et nature. La scène sera ensuite foulée par le duo Recent Arts (Tobias. et Valentina Berthelon) accompagné de Barbie Williams, avec ​« ​Skin ​»​, concert audiovisuel expérimental. La soirée terminera avec la DJ genevoise Audrey Danza.

Web célébré, Web interrogé

Lors de la troisième édition du forum ​«Paradigm_Shift»​, le public sera invité à explorer les impacts de la production abusive de nouvelles technologies. Sur deux jours, le Forum verra s’enchaîner tables rondes  et conférences. Le vendredi débutera avec une prise de parole de Mark Garrett, co-fondateur de Furtherfield, suivi de ​«​E-wasteland»​, une table ronde qui interrogera le gaspillage dans l’art numérique. En guise de clôture, le panel ​«The future web» – tenu en français – s’appuiera sur la thématique de l’exposition en repensant à l’impact d’Internet sur nos vies et à sa potentielle évolution. Nathalie Bachand, commissaire de l’exposition The Dead Web – La fin,​ participera à l’événement avec l’artiste Romain Tardy et Alexandre Monnin (président d’Adrastia), le tout modéré par Nicolas Nova.

L’Immersive Lab, un dispositif immersif unique développé par la Haute École d’Arts de Zurich et l’Université de Genève – DR


Le 15e Mapping Festival se déroulera du 23 au 26 mai 2019, à Genève www.mappingfestival.com

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Sexo

L’assistance sexuelle pour personnes handicapées : un double tabou

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Droits réservés

Si le handicap est un sujet sacral de la société, la sexualité est un autre problème qu’il est difficile d’aborder. La combinaison des deux en fait une réalité souvent mise sous silence.

Le droit à une sexualité saine concerne tout individu, les personnes en situation de handicaps y compris. Il est temps d’en savoir plus sur comment les acteurs concernés peuvent ainsi exprimer leur-s plaisir-s érotique-s et quels sont les obstacles auxquels ils font face.

Le double tabou

Le besoin sexuel est souvent mis sous silence chez les personnes atteintes de handicaps. Une image asexuée leur est attribuée et il est difficile d’imaginer que celles-ci peuvent, elles aussi, ressentir du plaisir. Ce préjugé pose un grand problème pour les individus cherchant à s’épanouir sexuellement, mais ayant des difficultés physiques, mentales ou psychiques. D’un côté, le tabou mélangeant handicap et sexe freine grandement l’accessibilité aux associations offrant ces services, et de l’autre, ces services sont nettement insuffisants. En Suisse romande, Corps Solidaire est une des rares associations qui proposent les services d’assistants sexuels et qui offre également une formation pour ces derniers. Claudine Damay, présidente de l’association, nous a éclairés sur le sujet.

Claudine Damay, également assistante sexuelle, est la fondatrice et présidente de l’Association “Corps Solidaires” – Capture : YouTube / TEDx Talks

Les raisons pour lesquelles une personne handicapée exprime le désir de faire appel à un assistant sexuel varient selon les individus. Alors que recourir à l’assistance sexuelle n’est pas une solution absolue pour les personnes en situation de handicaps, certaines ressentent l’envie de prendre, par ce biais, du plaisir, ou simplement de partager une connexion intime. C’est pour cela que les services proposés diffèrent selon les besoins. Une prestation peut se limiter à des caresses ou peut impliquer divers services sexuels, allant jusqu’à la pénétration. Les services prodigués sont décidés entre la personne bénéficiaire et l’assistant, dans la confidentialité. Claudine Damay ajoute : «C’est une histoire intime entre le bénéficiaire et l’assistant, le but n’est pas d’imposer une sexualité normée, mais de découvrir quelle est la sexualité du bénéficiaire et de l’explorer».

Le manque de ressources et d’informations sur l’assistance sexuelle pour personnes handicapées amène régulièrement les individus concernés à se tourner vers le domaine de la prostitution. Cela peut mener à des situations malheureuses, car de nombreux travailleurs du sexe n’ont jamais eu de contact avec le handicap et n’ont pas reçu de formation spécialisée pour aider une personne dans la découverte de sa sexualité. Recourir aux services d’un-e prostitué-e amène aussi à faire face à de nombreux refus, qui alimentent la stigmatisation du handicap.

Le combat des associations

Pour aider les personnes handicapées à répondre à leurs besoins sexuels, des agences et associations s’organisent autour du monde, afin de réguler la pratique, proposer des structures saines et faciliter l’accès à l’assistance sexuelle. La plateforme européenne EPSEAS propose ainsi une liste d’associations en lien avec la pratique. Bien que la liste paraisse exhaustive, ces associations font souvent face à de nombreux obstacles. Par exemple, dans de nombreux pays, la pratique reste interdite. En France, par exemple, la prestation est assimilée à de la prostitution et se retrouve donc proscrite. Plusieurs assistants français ont d’ailleurs été formés en Suisse. Il n’y a pourtant que peu d’échanges avec l’étranger et les réalités en dehors des frontières suisses ne sont pas forcément plus joyeuses. Le schéma reste similaire :peu ou pas de subventions et un grand manque de moyens. Bien que l’assistance sexuelle ne soit pas interdite en Suisse, elle est soumise aux mêmes régulations que la prostitution, sauf dans le canton de Genève, qui a exclu l’assistance sexuelle de la Loi sur la prostitution, sans, toutefois, préciser son statut.

La différenciation entre prostitution et assistance sexuelle est importante dans la discipline. Les assistants sexuels sont, eux, spécialement formés pour accompagner des personnes handicapées dans la découverte de leur sexualité. Pour exercer au sein de l’association Corps Solidaires, il est demandé d’avoir une activité professionnelle à côté de celle d’assistant. L’accent est mis sur le consentement entre les bénéficiaires et les assistants, pour éviter que ces derniers se forcent à exercer pour le gain. Les compagnons des assistants doivent aussi exprimer leur accord pour que leurs partenaires pratiquent ; «le but n’est pas de briser des ménages». C’est pour ces raisons que l’association ne considère pas la pratique de l’assistance sexuelle comme un métier, mais comme une activité secondaire, à la différence de la prostitution. «Nous sommes solidaires des travailleurs du sexe, mais nous ne fréquentons pas ce milieu. Les journalistes s’efforcent à aborder ce sujet, bien qu’il n’y ait pas de lien, précise Claudine Damay. Si les prestations sont payantes, c’est pour éviter tout abus de pouvoir».

Marcel Nuss, atteint d’amyotrophie spinale, est un essayiste français particulièrement intéressé par la thématique de l’assistance sexuelle – © Martin Colombet

Un service qui manque de ressources et de soutien

La présidente de Corps Solidaires explique que l’un des problèmes majeurs au sein de l’association et au sein de l’assistance sexuelle en général est le manque de personnel jeune. Il est rare de rencontrer un assistant de moins de quarante ans et il est difficile de motiver de jeunes personnes à s’impliquer. Cela est d’autant plus compliqué que l’association met l’accent sur le propre épanouissement sexuel de ses assistants, qui doivent se sentir suffisamment matures dans leur sexualité, ce qui n’est que rarement le cas de jeunes adultes. Les parcours des assistants sont très variés et les motivations diffèrent aussi. Mais un point leur est commun : le désir de vivre dans une société plus juste. «On reconnait une sexualité aux animaux, heureusement maintenant aux homosexuels, mais les seules personnes auxquelles on ne s’est jamais intéressé sont les handicapés».

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L’image de l’assistance sexuelle a évolué au fil des années, et la pratique a été victime de son succès. Si la prestation attire par sa singularité, la réalité est très précaire. Le manque de soutien se fait sentir et contrairement à l’exposition médiatique dont elle bénéficie, la pratique n’est que peu fréquente et manque énormément de moyens. «C’est énervant lorsqu’il faut refuser des demandes de prestations, car nous n’avons pas les ressources nécessaires». Ce manque de ressources concerne aussi le manque d’assistants, qui ne sont que très peu à pratiquer régulièrement. Claudine Damay explique aussi que la demande pour des assistantes féminines est beaucoup plus forte que celle pour des assistants masculins. En effet, les cas de prestations pour des bénéficiaires féminins sont très rares. «C’est dramatique, on n’apprend pas aux femmes à reconnaitre leurs désirs, et encore moins aux femmes handicapées. C’est un double-handicap malheureux.».

Si l’opinion publique accepte de plus en plus le débat sur l’assistance sexuelle, sa reconnaissance en tant que pratique légale et bénéfique a encore du chemin à parcourir. Les obstacles financiers, légaux et ceux liés au duo de sujets tabous, le handicap et la sexualité, n’aident en rien les personnes concernées à jouir pleinement de leur droit aux plaisirs de la chair, sains et respectés.


Sur corps-solidaires.chvous trouverez des informations ainsi que des offres de soutien dans le domaine de la sexualité des personnes handicapées.

Hasta la vista
Un film de Geoffrey Enthoven (2011)
108 minutes

Sélection cinéma de Malick Touré-Reinhard.
Sélection documentaire d’Arthur Würsten.

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