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La LIG : du théâtre d’impro’ itinérant en plein Lausanne

Laeticia, lors de la LIG – © La LIG / Staff Joseph

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Il y a des concepts qui ne s’inventent pas. Non, ils s’improvisent. D’abord destinée à animer les lundis estivaux du terrain en friche de Malley, la LIG – pour Ligue d’improvisation de la Galicienne –, victime de son succès, investit désormais 3 spots lausannois, à raison de 3 soirées par mois. 

Il pleut intensément devant Zelig, LE bar hype des étudiants de l’Université de Lausanne. C’est ce soir qu’a lieu le premier match à l’extérieur de la Ligue d’improvisation de la Galicienne. Oui, car si l’équipe ne joue pas à domicile aujourd’hui, le concept est quelque peu rôdé ; chaque lundi, d’août à octobre dernier, la LIG s’est appliquée à divertir le public de la Galicienne, la buvette open air du quartier de Malley. Avec un bilan plus que réjouissant (environ 250 spectateurs par match), l’aventure ne pouvait que continuer. 

Entré dans le bar, on se laisse facilement guider par la foule. On rêvasse, on observe, on boit un thé – ou une blonde. Seul le claquement sourd de la balle du baby-foot nous ramène de temps en temps à ce pourquoi nous sommes là. Quelques heures avant le premier coup de sifflet, celui qui donnera le top aux improvisateurs, on a pris rendez-vous avec Loïc Dumas, 22 ans, le co-fondateur de la LIG.

Loïc Dumas, lors de la LIG – © La LIG / Staff Joseph

Repenser l’impro’ en Suisse

Après un séjour au Québec, là où le théâtre d’improvisation est religion, Loïc et Fabrice Semedo, 21 ans, également co-fondateur du projet, dressent un constat : au Canada, l’improvisation est présente partout. Dans les écoles, dans les parcs, dans les bars, dans les restaurants… 

Le créneau fut donc trouvé : exporter le jeu au-delà des simples salles de spectacles, en proposant des rencontres dans des lieux de restauration, afin d’y renforcer la convivialité. « Quoi de mieux que de l’impro’ autour d’une bière ou d’un burger ? », ponctue Loïc. Les 2 amis s’emploient alors à créer « quelque chose de neuf, dans un lieu inédit » : le tout premier tournoi d’improvisation théâtrale estival organisé en Suisse.

Victime de son succès 

Si la Ligue d’improvisation de la Galicienne fut rapidement mise en place, il restait encore à attirer les foules. « Au début, on ne s’attendait pas à accueillir plus d’une quarantaine de personnes par match. Pourtant, dès le premier soir, il y avait une petite centaine de spectateurs et quelques semaines plus tard, pour les demi-finales et finale, il y en avait au moins 250. Malgré le froid, qui est venu s’installer au fil du temps. Bref, les thermos sont venus remplacer les verres consignés, les couvertures ont pris le dessus sur les t-shirts, mais ça n’a pas découragé les gens », indique Loïc, accompagné d’une gêne qu’il tente de masquer avec un ricanement. La LIG s’assure, d’ores et déjà, une 2e édition de son championnat l’été prochain, toujours à la Galicienne

La LIG @ Zelig #3 – © La LIG / Staff Joseph

La LIG @ Zelig #1 – © La LIG / Staff Joseph

14 dates en 5 mois ; de l’impro’ sur 3 spots différents

Et en attendant ? « Nous avions vraiment l’envie de pouvoir reconduire le projet avant l’été. Autant du côté des joueurs que des spectateurs, explique Loïc. On s’est alors penchés sur les solutions et nous en sommes arrivés à quelque chose de viable, à savoir : 3 événements par mois, dans 3 sites lausannois, avec 3 concepts différents ».

De janvier à juin, la team, composée d’une trentaine de joueurs âgés de 15 à 25 ans, parcourra la capitale vaudoise, à la recherche du rire, le nôtre. De « La LIG @ Zelig » au bar éponyme de l’Université de Lausanne, en passant par « Impro’ gourmet » au Zoo Burger de Mon Loisir, sans oublier les « Cartes blanches » à la Datcha du Flon, ce ne sont pas moins de 14 rencontres prévues jusqu’à l’été. 

Pour Loïc, Fabrice et le reste de l’équipe, un seul objectif : « Vous amuser en nous amusant ».

Le 2e championnat de la LIG se déroulera tous les lundis, à la Galicienne (Chemin du Viaduc 2, 1008 Prilly), dès le 9 juillet 2018 – 20h.
Finale : 22 septembre 2018 – 20h.

La Ligue d’improvisation de la Galicienne est sur Facebook et Instagram

Mis à jour le 07.07.2018.

Scène

Givrée, la programmation d’Antigel 2019

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La poétesse française Brigitte Fontaine se produira le samedi 16 février à l'Alhambra – © Tu Minh Tan

Genève n’est jamais la même après l’annonce de la programmation d’Antigel, le festival du décloisonnement artistique depuis 2011. Ses programmateurs viennent de dévoiler son line-up qu’ils qualifient de « kaléidoscopique » avec pour mot d’ordre : « Shake Genève ».

Pour marquer son 10e anniversaire au coeur de l’hiver genevois, Antigel réserve une surprise de taille, le 22 juillet 2019 au Victoria Hall, à mi-chemin, jour pour jour, entre les deux éditions : la venue exceptionnelle du all-stars band The Good, the Bad and the Queen. Ce supergroupe mené avec brio par Damon Albarn (de Gorillaz et Blur) abrite également les musiciens de The Clash, The Verve et Fela Kuti.

Une affiche musicale renversante

Sur les versants musicaux encore, l’événement accroche à son line-up l’impétueuse Brigitte Fontaine et sa poésie dissidente, en concert à l’Alhambra, comme L’Or du Commun, qui se fera le porte-parole de la nouvelle scène rap belge. L’Alhambra, point névralgique du festival, accueillera également le rock céleste des Américains de Low ou encore la folk de « notre » star (inter)nationale, Sophie Hunger.

Ailleurs, au Chat Noir, à l’Usine ou à l’Abri sont attendus les dandys de Feu! Chatterton, le solitaire Brendan Perry et sa new wave, la soul d’Odette, le rock turc d’Altin Gün ainsi que les, désormais, monuments rap genevois Di-Meh, Slimka, Makala et compagnie pour célébrer la première décennie de leur label Colors Records.

Dans les églises, les fermes, les piscines et les plages (oui, oui), infinité d’autres artistes sont attendus. À l’image de la folk de Kristin Hersh et Old Sea Brigade, la psyché rock des Viagra Boys, le blues de J.S. Ondara, ou la country-soul d’Odetta Hartman.

Les arts vivants ne seront pas en reste

On entend déjà les trois coups. À Antigel, la musique n’est pas seule. Ses (pas si) lointains cousins, Danse et Théâtre, sont également chéris par les programmateurs de l’événement genevois. Pour exemple : la troupe helvétique Philippe Saire et sa production audacieuse, « Hocus Pocus », présentée sur la scène du Théâtre de Bordeaux de Saint-Genis-Pouilly (France).

Côté « théâtre dynamité », au Théâtre du Grütli, la compagnie Motus, avec « MDLSX » (pour Middlesex) nous contera des récits autobiographiques et citations littéraires, traversés par les musiques des Smiths, Buddy Holly ou Stromae ; un électrisant manifeste queer.

Enfin, pêle-mêle, les rendez-vous sont pris avec la Brésilienne Lia Rodrigues et ses danseurs, l’objet artistique non identifié, mélange fouillé de sons et d’images, Dear Ribaine, l’invitation au voyage de Yves-Noël Genod, ou la rencontre avec les 11 artistes résidants de l’Abri de Genève, Rodeo Banquise.

La compagnie Philippe Saire présentera « Hocus Pocus », le vendredi 11 et samedi 12 février au Théâtre de Bordeaux – © Philippe Weissbrodt

L’Afrique du Sud à l’honneur

Cette année signe la fin de l’aventure Grand central dans la Tour CFF, avant la destruction de celle-ci. Il fallait, alors, pléthore de DJs à la hauteur pour terminer en beauté. L’ouverture s’annonce chaleureuse avec deux stars de la house sud-africaine, Lakuti et Esa.

Un pays qui sera d’ailleurs mis à l’honneur lors d’une autre soirée intitulée « South Africa X Geneva one love ». « L’occasion de créer un pont entre la scène électro queer sud-africaine et genevoise et de mettre en avant des artistes qui transforment la société ici et là-bas », expliquent les organisateurs.

Infos, billetterie et line-up complet sur www.antigel.ch.
Le 9e Antigel se déroulera du 1er au 23 février 2019, dans divers lieux.

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Scène

Le M3, enfin sur les rails… dans la nouvelle revue du Théâtre Boulimie

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Il faudra attendre encore quelques années avant l’ouverture officielle du troisième métro lausannois, le M3. Mais pas de panique ! L’humoriste romand Blaise Bersinger et ses acolytes comédiens s’occupent de vous transporter dans les confins de l’actualité lausannoise et suisse en attendant, dans leur nouvelle revue, présentée au Théâtre Boulimie.

M3 – La nouvelle revue de Lausanne, un remake de la revue de Genève qui décortique l’actualité genevoise et suisse depuis plus de 120 ans ? Pas tellement. Après avoir été stand-upper à la dite revue en 2017, le co-animateur télé de Mauvaise Langue, Blaise Bersinger a découvert le monde de la revue de l’intérieur. Et c’est avec Sébastien Corthésy – producteur de spectacles, de contenus audiovisuels et metteur en scène – que l’idée d’importer ce concept à Lausanne, en le concoctant à leur sauce, est né.

« Moins vulgaire, moins raciste, moins xénophobe, moins cul : moins femmes avec des paillettes à moitié à poil et plus 2018 ».  En d’autres termes, Blaise souhaite remettre au goût du jour ce genre théâtral satirique qui associe sketchs, musique et danse, à commencer par le choix du titre : « On ne voulait pas appeler ça juste la revue de Lausanne parce qu’on voulait se démarquer de l’image a priori qui existe par rapport aux revues. On est dans un truc nouveau, moderne et en même temps typiquement lausannois », explique-t-il. Cette revue d’un nouveau genre, écrite et réalisée par Blaise Bersinger, Benjamin Décosterd et Sébastien Corthésy, en collaboration avec les autres comédiens, a été jouée pour la première fois vendredi passé, au Théâtre Boulimie, à Lausanne.

Bien que certaines ambitions aient dû être revues à la baisse pour des raisons budgétaires – notamment la possibilité d’avoir un groupe de musique live à chaque représentation – les financements privés ont permis au spectacle de voir le jour en gardant effets sonores, lumineux et musique originale. On constate également que quelques changements ont été apporté entre les premiers filages et l’avant-première. En effet, le public est part intégrante du spectacle, qui va donc connaitre des modifications, au fil des représentations, et jusqu’à sa fin.

Laura Guerrero, Simon Romand et Frédéric Gérard – © Louise Rossier

Traiter d’actualité par le biais de l’humour, avec des sketchs sur le deal de rue ou sur « No Billag », une façon de dénoncer des faits en douce ? « Je prends pas les choses dans cet ordre-là. J’aime faire rigoler les gens, c’est le but premier, et l’actualité se renouvelle constamment donc c’est plus facile, à mon sens, d’écrire dessus. Alors oui, ce que je trouve risible apparait dans le sketch et tu te fais rapidement une idée de mon opinion, mais le but n’est pas de rallier les gens à ma cause », raconte Blaise Bersinger.

Entre les sketchs sur les dix ans du M2, le match en coupe du monde Suisse-Serbie – qui a fini en polémique – ou les inondations de Lausanne, impossible pour les spectateurs de ne pas se sentir suisses mais surtout lausannois.  Durant une heure et demie, les musiques créées exclusivement pour la revue, ainsi que les chorégraphies et effets visuels, embarquent les spectateurs dans un univers où la bonne humeur est au rendez-vous, peu importe les sujets traités.

Après un an de travail d’arrache-pied et de sueur, le spectacle s’installe du 2 novembre au 8 décembre 2018 au Théâtre Boulimie. Angoissé à l’idée que les billets ne se vendent pas, Blaise me confie qu’il se rend de temps à autres sur la billetterie afin de voir la quantité de places encore disponibles et en est, « pour l’instant », rassuré…

Informations et billetterie sur le site du Théâtre Boulimie.

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