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Musique

Cycle Opérant rythme de ses sonorités électro la ville suisse construite à la gloire du temps

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Formé en 2000, le collectif de musique électronique neuchâtelois Cycle Opérant continue de surprendre. Ses six membres, originaires de La Chaux-de-Fonds, ont inexorablement vieilli depuis les années 90, où, adolescents, ils découvraient la rave culture. Bien heureusement, ces derniers continuent de produire comme au premier jour. Pour preuve, leur dernier extended play (EP) diffusé sur la Toile au début du mois d’octobre.

«C’est un retour décomplexé à nos premières inspirations, confie Yann Gautschi, co-fondateur de Cycle Opérant, qui vient de fêter ses 40 ans. Notamment, la techno de Détroit.» Et c’est une réussite. Les six tracks de l’EP s’enchaînent dans un savant mélange de sonorités expérimentales, dance et bigarrées. « Ce n’est pas le premier projet du genre que nous sortons, mais les EP n’ont jamais été notre priorité, poursuit celui qui est animateur socioculturel à la ville. Notre idée de base était de travailler sur la musique électronique live. Ouais… On a toujours été beaucoup plus live act que Dj ». [Contrairement au Dj qui manie platines et disques vinyle, le liver ou live act utilise des instruments de musique électronique, ndlr]

Cycle Opérant a donc roulé sa bosse dans de nombreuses manifestations, à l’instar du festival romand de musique électronique et expérimentale Les Digitales. Depuis 2006, le collectif a d’ailleurs organisé dix étapes du rendez-vous, entre Neuchâtel et la Chaux-de-Fonds. Car oui, la culture électro existe aussi dans l’arc jurassien et dans les Montagnes neuchâteloises. « Concerts, clubs et festival (Case à Chocs, Espace noir, Bikini Test, Usine, Fri-son, For Noise, Festineuch, …). On a participé à pas mal d’événements qui s’adressaient aux convaincus, détaille le membre du collectif. Mais on a aussi collaboré avec plusieurs institutions qui nous ont permis de toucher un autre public : des musées, plusieurs compagnies de théâtre ou de danse contemporaine… ».

Dans le registre des projets qui détonnent, Cycle Opérant a fait d’un art particulier sa spécialité : mettre en musique des œuvres cinématographiques. Alors qu’un film est projeté sur une toile blanche, les artistes s’activent sur leurs machines et ordinateurs pour créer un vrai show audiovisuel. Le public, à chaque fois bluffé, en redemande. Comme lors de leur dernière performance yverdonnoise, à l’espace extérieur culturel La Dérivée, en juin dernier.

Vous l’aurez compris, le nouvel EP du collectif ne représente qu’une infime partie de ses productions. Et le groupe fondé il y a dix-huit ans n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. « On réfléchit déjà à nos prochains “cinéconcerts“, se réjouit Yann Gautschi. On fera aussi plusieurs performances le printemps prochain, comme un live stream [ndlr. une diffusion en temps réel d’une vidéo sur internet] qui mêlera sons et images mais rien n’est encore véritablement arrêté ».

Cycle Opérant est sur Facebook et a un site web.

Playlist

Woodstock en 15 lives emblématiques

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Le 18 août 1969, Jimmy Hendrix est venu clôturer le festival. – © Michael Lang / Henry Diltz

Il y a 50 ans, du 15 au 18 août 1969, Woodstock transportait 450 000 personnes sur la colline de Bethel, dans l’état de New York. Retour sur l’événement majeur de la culture hippie des années 1960, au travers de quinze lives enregistrés sur le festival.

Que de belles choses vécues sur les terres du vieux Max Yasgur, à la mi-août de l’an 1969. Malgré la boue, les overdoses, deux naissances, quatre fausses couches et de nombreux problèmes techniques et logistiques, l’Histoire retiendra un événement de la contre-culture sans pareil, fait «de flower power, de paix et de combats». «Trois jours sans voir un gratte-ciel ou un feu rouge», promet le festival. En masse, le fruit du baby boom se retrouve pour quatre jours et quatre nuits de débauches collectives.

Au milieu des promesses utopistes des organisateurs de l’événement culturel et contestataire, les concerts joués sur la colline de Bethel, devant 450 000 âmes estimées, procurent, encore aujourd’hui, cinquante ans plus tard, des sentiments de haute volée. Parmi les trente-deux artistes programmés : Joe Cocker, Jimi Hendrix, les Who, Ravi Shankar ou Santana.

Véritable accélérateur de carrière pour ces désormais pontes de l’industrie du disque, Woodstock a notamment offert des prestations improbables faisant, par exemple, se produire Richie Havens en remplacement du groupe Sweetwater, bloqué dans la circulation. Il donnera sept rappels et, après deux heures de concert, alors à court de chansons, le New-Yorkais improvise sur l’air gospel Motherless Child et Freedom deviendra l’un des hymnes du festival.

Quelques heures plus tard, alors enceinte de son fils, Gabriel Harris, Joan Baez, tout comme Ravi Shankar, Creedence Clearwater Revival et Joe Cocker, joue douze titres sous une pluie battante. Le lendemain, les rockeurs de Grateful Dead sont pénalisés par des problèmes techniques. Ils diront par la suite qu’il s’agit du «pire concert qu’ils n’aient jamais donné».

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Sur quatre jours de festival, quelque 295 morceaux, dont l’emblématique réinterprétation de l’hymne national américain d’Hendrix ou le Ball and Chain fumant d’une prêtresse de la «soul psychédélique» nommée Janis Joplin, ont été joués devant le demi-million de spectateurs présent. Monument de l’anticapitalisme pacifiste, tant musical que sociétal, Woodstock n’en a pas fini de nous faire frémir.


Tracklist

  1. Richie Havens Freedom
  2. Sweetwater – My Crystal Spider
  3. Sly and the Family Stone – (I Want To Take You) Higher
  4. Joan Baez – One Day at a Time
  5. Bert Sommer – Jennifer
  6. Tim Hardin – If I Were A Carpenter
  7. Santana – Soul Sacrifice
  8. Ravi Shankar – Evening Raga
  9. Arlo Guthrie – Coming Into Los Angeles
  10. The Who – My Generation
  11. Quill – Waitin’ For You
  12. Janis Joplin – Ball and Chain
  13. Canned Heat – A Change is Gonna Come
  14. Joe Cocker – Let’s Go Get Stoned
  15. Jimi Hendrix – The Star Spangled

Playlist en tête d’article.

Sélection musicale de Malick Touré-Reinhard.

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Concerts

Au Paléo, Docteur Chedid et Mister M

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© Paléo / Ludwig Wallendorff

Mercredi soir, le multi-instrumentiste, véritable showman, a fait de la Grande Scène de Paléo son royaume.

Au Paléo, mercredi soir, on y a vu un vrai concert de M. Avec du grand Matthieu Chedid dedans. «Un véritable spectacle son et lumière», comme diraient les producteurs influents de la décennie passée.

Tout seul dans l’arène

Quelques notes acides à la guitare et une entrée en scène faite de «ah», de «ouh» et de «mh» qui lui sont propres. M est là, vit, le manteau blanc, les santiags or et l’allure survoltée.

Derrière lui, Chedid. Poète. Comme son père, Louis. Comme sa grand-mère, Andrée. Comme lui-même, Matthieu, découvert, timidement égocentrique, dans les notes du Baptême.

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L’un a quarante-sept printemps, l’autre vingt-deux. L’un regarde les autres, l’autre se regarde lui. Une seule chose les rassemble : tous deux ont ce besoin irrépréhensible de partager la musique. Celle d’hier et d’aujourd’hui. Peut-être même de demain.

Devant le parterre de la plaine de l’Asse, il dit «aime», M. Il s’aime, M. Si bien qu’il en supprime ses musiciens ; remplacés par des automates. Un pour chaque instrument. Une batterie loquace, une autre plus austère, la folie d’un vieux piano et la fiabilité pérenne de moult autres androïdes.

© KEYSTONE / Salvatore Di Nolfi

Coiffé-décoiffé

Mais dans le monde de Matthieu, le son n’est pas seul. Non, ici et là, l’image, la mise-en-scène et les artifices y ont une place de choix. Au milieu de six changements de costumes et de onze guitares, M se réapproprie «son» Paléo au travers de lumières hypnotiques, de ses coiffes impeccables et d’un culte du moi altruiste.

Avec un final composé de Machistador et de Bal de Bamako, Docteur Chedid et Mister M s’effacent presque, laissant la place aux techniciens de la Grande Scène. Ainsi, pendant près de vingt-cinq minutes, la «Golden Team» s’épuise dans une battle de danse.

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Dans la lumière écarlate du plateau, Matthieu disparaît, on ne sait trop comment. Quelques instants avant M, qui lui, mimant une fusée, s’enfonce dans les coulisses du festival nyonnais. Messieurs, merci.


Le 44e Paléo Festival se déroule du 23 au 28 juillet 2019, à Nyon. Infos, bourse au billets et programme complet sur www.paleo.ch. 

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