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Lorenzo à Paléo, l’Empereur du Sale offre un show impeccable

Lorenzo a retourné la scène des Arches, jeudi à Paléo – © Paléo / Nicolas Patault

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Si certains parents sortent prostrés du tout juste terminé concert de Nekfeu, quid de celui du prochain artiste attendu ? Dans les allées du Paléo, leurs enfants implorent, afin que les festivités se poursuivent. « Allez, Papa, on va voir Lorenzo, maintenant ! », entend-on au milieu de mille conversations.

Sur la scène des Arches, une soucoupe. Seule. Indispensable pour Lorenzo, le nouvel OVNI du rap français. Avec sa voix nasillarde, son bob vissé sur la tête et ses lunettes de soleil qui nous rappellent les meilleurs moniteurs de ski, le paroxysme de la « beaufitude » est atteint, en ce jeudi, troisième soir du festival. On l’aura compris, Lorenzo, aussi surnommé « l’Empereur du Sale », est l’un des personnages les plus fêlés de l’industrie de la musique. Et, aujourd’hui, difficile de passer à côté de ses singles emblématiques et (surtout) politiquement incorrects. 

Même les parents s’y mettent 

23 heures. La soucoupe s’allume. Lorenzo aussi. Le public, lui, s’est déjà lancé dans un pogo mémorable, alors que Carton rouge et ses inepties commencent à faire vibrer la Plaine de l’Asse. « Ils sont chaud les p’tits Suisses », lance Lorenzo à ses trois backeurs. « Mais bon, nous on est champions du monde, hein », provoque-t-il, surexcité. La foule hue amicalement.

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Les premiers titres passés, au détour de Sale babos de merde, une ode à la marginalité, l’assemblée semble conquise ; les mamans cessent de boucher les oreilles de leurs bambins, les papas (et ce ne sont de loin pas les seuls) chantent les refrains bourrés de poésie, les enfants, amusés, jouent la stupéfaction sur chaque juron prononcé. Le pouvoir de Lorenzo est en place.

Du côté des spectateurs moins néophytes, il n’a fallu qu’une demi-mesure pour que l’ambiance monte. Puissant catalyseur de conneries, Lorenzo donne les ordres, ses fans font le reste. Véritable vague humaine (de quoi faire trembler la sécurité du festival), le Paléo obéit au doigt et à l’œil de la bête de scène survoltée.

Venu 2 loin

Son second album sorti en février s’intitule Rien à branler. Pas « r1 a branlé », non, non, « Rien à branler », en toutes lettres, avec l’infinitif et ce qui s’impose. Parce qu’outre sa faconde outrancière et son hip-hop affreux, sale et méchant, Lorenzo se caractérise par son attachement à une orthographe approximative, et une syntaxe très personnelle. Quand il donne des interviews d’ailleurs, le rappeur reste dans son personnage de loser indolent et priapique et exige que ses fautes soient conservées telles quelles.

© Paléo / Anne Colliard

Lorenzo est aussi un rappeur connu sous plusieurs identités. De son vrai nom Jérémie Serrandour, ce jeune breton a d’abord été membre du groupe Rennais Columbine sous le nom de Larry Garcia avant de choisir le pseudo de Lorenzo. Joe la Crapule (l’un de ses autres surnoms) n’en est pas à son coup d’essai. En effet, son album L’Empereur du sale, sorti en 2017, est  rapidement devenu disque d’or. Un album uniquement disponible en version digitale sur les plateformes de streaming. Un seul disque a été mis en vente par le rappeur sur un site de ventes au prix de 87 000 francs environ.

Adepte, comme la plupart des rappeurs, de mots d’argot empruntés par exemple à l’arabe, au portugais, au verlan ou au gitan, Lorenzo est quasiment l’inventeur du mot « mamène », mot d’argot breton qu’il a largement popularisé. S’il le ressort un peu à toutes les sauces, on peut le traduire par « mon gars ». Il est devenu un cri de ralliement des fans de Lorenzo, à tel point qu’il a envisagé de le faire entrer dans le dictionnaire.

On a bien ri, mamène

En maître de cérémonie, Lorenzo amuse. Un peu comme un connard à qui l’on veut tout de même claquer une bise, le Français inspire malgré tout une véritable sympathie, carrément inexplicable. On rit, oui, mais l’on se surprend aussi à pousser la chansonnette et à répéter, béatement, des propos tous plus odieux les uns que les autres. On l’avoue à demi-mot, sur une heure, l’exercice est quasi sympathique, voire jubilatoire.

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Voilà une heure que l’on scande des obscénités. Peut-être lassée, la soucoupe finit par s’éteindre. Lorenzo part, un peu comme un oncle, fier d’avoir apposé ses idioties et blasphèmes à la fin d’un agité repas de famille. L’un est risible, l’autre moins. Agréable moment. Merci, mamène.

Infos, bourse au billets et line-up complet sur www.paleo.ch.
Le 43e Paléo Festival se déroule du 17 au 22 juillet 2018, à Nyon.

Concerts

Les line-ups de nos festivals musicaux 2019 : ce que l’on sait déjà

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Il faudra attendre jusqu'au 26 mars 2019 pour connaitre l'affiche du Paléo – © Laurine Mottet Photography

Exit 2018, bienvenue en 2019. Cette année, les meilleurs festivals musicaux de Suisse (et d’ailleurs) nous réservent du lourd. Quelques noms sont déjà sortis et il va y en avoir pour tous les goûts.

The Beat Festival – 29 janvier 2019

Le festival reprendra d’assaut l’Arena de Genève pour une soirée hip-hop comme on les aime. N’oubliez pas de dire bonjour, Vald risque de vous faire pogoter. Il sera également accompagné par Moha La Squale, Scarlxrd, Dosseh ou encore Columbine.

Autres artistes : PLK et Lord Esperanza.

Infos sur thebeatfestival.ch

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Caprices Festival – 11 au 14 avril 2019

La station de Crans-Montana accueillera à nouveau les amateurs de techno dans un panorama à couper le souffle. Des grands noms seront à l’affiche : Sven Väth, Ricardo Villalobos, Pan-Pot ou Black Coffee.

Autres artistes : Raresh, Audiofly, Fabe, Behrouz…

Line-up complet et infos sur caprices.ch

Caribana Festival – 5 au 8 juin 2019

Quelques noms ont déjà été annoncés. Pour les rockeux, Franz Ferdinand sera présent avec son tube Take Me Out. Le vendredi risque d’attirer les amateurs d’électro ; l’électro-pop de Caravan Palace, un voyage électronique avec Vitalic, la trip-hop de Morcheeba et la synthpop française de Synapson. Et pour ceux qui n’en auraient pas encore marre de casser la démarche comme Samuel Umtiti, Vegedream ramènera la coupe à Crans-près-Céligny.

Autres artistes : Bastian Baker et Kazy Lambist.

Infos sur caribana-festival.ch

Greenfield Festival – 13 au 15 juin 2019

Rock’n’roll baby ! Interlaken sera une nouvelle fois le centre névralgique du rock. Le festival bernois ne déçoit décidément jamais ces fans. SlipknotDie Toten Hosen, Sabaton, Dropkick Murphys ou Eluveitie. Hell yeah, ça va pogoter une nouvelle fois !

Autres artistes : Amon Amarth, Papa Roach, Within Temptation, Lamb of God…

Infos sur greenfieldfestival.ch

Eurockéennes de Belfort – 4 au 7 juillet 2019

Un classique venu tout droit de France. C’est un peu le cousin du Paléo et c’est toujours une réussite. Sur la Presqu’île de Belfort, Angèle, Roméo Elvis, Petit Biscuit, $ucideboy$ vont nous faire chanter et danser. Tout comme les Chainsmokers, d’ailleurs. Les nostalgiques du rap français seront ravis d’aller voir Joey Starr avec son groupe Supreme NTM.

Autres artistes : Christine and the Queen, Jain, Interpol, Slash, Parkway Drive, Stray Cats, Weezer…

Infos sur eurockeennes.fr

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Festi’Neuch – 13 au 16 juin 2019

Les Jeunes Rives, le bord du lac de Neuchâtel, encore une fois, on se réjouit d’y être. Un programme éclectique avec la jeunesse insouciante de Lomepal et Therapie Taxi. De l’expérience avec Patti Smith, Midnight Oil et Sum 41 et un peu de douceur avec Ben Harper.

Autres artistes : Zazie, Ska-p, Gaëtan Roussel et Bastian Baker.

Infos sur festineuch.ch

Sion sous les étoiles – 11 au 14 juillet 2019

Quatre soirées, quatre genres. Jeudi, on se met «à la bien» avec Soprano. Vendredi, on emmène nos aînés écouter Patrick Bruel, Zaz et Bernard Lavilliers. Samedi, on met son blouson en cuir et l’on chevauche une Harley, pour aller admirer Gotthard, Krokus et StatutQuo. Dimanche, enfin, on espère que la performance de Martin Solveig sera meilleure que celle lors de la remise du Ballon d’Or 2018.

Autres artistes : Kendji Girac, Jean-Baptiste Guegan et Pretty Maids.

Infos sur sionsouslesetoiles.ch

Paléo Festival – 23 au 28 juillet 2019

Comme à son habitude, le Paléo annoncera ses artistes au mois de mars, le 26. Et il est très dur de dénicher des petits noms en avance. Mais on vous annonce déjà (et en exclusivité) que Patrick Bruel sera bel et bien de la partie.

Infos sur paleo.ch

Estivale Open Air – 31 juillet au 3 août 2019

Le festival staviacois continue de grandir. Et les premiers noms sont alléchants : The Hives, Roméo Elvis et Orelsan.

Autres artistes : Julien Clerc, Bernard Lavilliers…

Infos sur estivale.ch

Rock Oz’Arènes – 14 au 18 août 2019

Après son mini flop de 2018, le Rock’Oz compte bien se racheter. Il y aura, cette année, non plus une, mais bien deux soirée électro. Toutefois, pas de noms pour l’instant. Pour les autres soirs : Scorpions, Bénabar, Christophe Maé et Boulevard des Airs.

Autres artistes : Wardruna et Alan Stivell.

Infos sur rockozarenes.com

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Venoge Festival – 21 au 25 août 2019

Penthalaz se réjouit déjà : Prophets of Rage sera présent. Le supergroupe formé par Cypress Hill, Rage Against the Machine et Public Enemy, va livrer une performance à ne pas louper. Pour les autres soirs, il y aura The Jacksons, même sans Michael. Feder et Amir ont également été annoncés.

Infos sur venogefestival.ch

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Concerts

Charlie Winston aux Docks, chapeau feutré et musique d’avenir

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© Alain Jordan

« Les glaciers fondent, mais il fait toujours aussi froid », grogne un spectateur bien décidé à emprunter l’itinéraire le plus efficient entre sa citadine 4×4 et le bâtiment industriel des Docks. La sécurité, permissive en cette humide soirée d’hiver, laisse activement passer le public venu voir celui découvert au printemps 2009 avec Like a Hobo, Charlie Winston.

On pensait ne plus jamais l’entendre. Comme périssable dans les inexorables Charts. Trois ans après s’être volatilisé des radars musicaux, le chanteur britannique, 40 ans sous le chapeau, est de retour avec «Square 1», un quatrième album solaire de onze titres aux sonorités pop profondes et à la folk dansante.

Après la première partie assurée par Tom Baxter, qui n’est autre que le frère aîné d’un certain Charlie Winston, la silhouette de la tête d’affiche s’expose en ombre chinoise derrière quatre toiles blanches. L’homme, vêtu d’un impeccable costume carrelé et de son légengaire trilby feutré – ils ne sortent jamais l’un sans l’autre –, finit par apparaître dans la lumière sur In your Hands. L’assemblée de la salle lausannoise semble bouillante.

Le Britannique, survolté, durant son interprétation de “Kick the Bucket” – © Alain Jordan

Une intime folie

Charlie Winston, c’est une sorte de folie douce semblant tout droit sortie du premier pub de Londres, au petit matin, après une jam légendaire. Deux phrases dans un franglais attachant et l’on se croit déjà lié par quelque chose avec le chanteur. Une fausse candeur et la force du lyrisme ; le voilà parti, l’Artiste. Parti où ? Quelque part entre le Malawi et les Cornouailles… Mais, peu importe, l’on suit avec plaisir.

Sur scène, comme pour instaurer une intime communion entre les mille et un acteurs présents, Winston se confie. De sa récente paternité à son amour pour l’Afrique, la salle se transforme en un étrange cabinet de psychothérapie – à l’ambiance légère.

Quelques notes et aveux passés, Airport, une ode à la problématique migratoire actuelle, vient alors plonger le public des Docks dans un silence quasi pythagorique. «Lors de mes voyages humanitaires, notamment en Macédoine, je me suis aperçu que derrière chaque “migrant” – c’est le mot qu’on utilise tout le temps – se cache une personne et une histoire», déclare le Britannique en guise de prologue à ce piano-voix désarmant.

Un moment d’osmose durant “Get up Stronger”, chanson en hommage à l’un de ses fils – © LnPixElle Photography

Jonglant entre instants intimistes et coups d’éclat, Charlie Winston, entouré de ses deux musiciens, s’appliquent à faire danser le public des Docks. Venue en masse pour son dernier concert de l’année, la foule se trémousse sur deux étages pleins à craquer.

C’est sur les ultimes notes de The Weekend, son nouveau single, que l’homme au chapeau s’éclipse, laissant ainsi la place à la lumière et aux infatigables «Christmas Songs» de Frank Sinatra. Quelques instants plus tard, les portes des Docks finissent alors par s’ouvrir. Dès lors, la froideur de décembre ne manque pas de s’infiltrer dans la bâtisse ; certains pestent déjà. Charlie, merci.

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