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À Paléo, tout le monde il veut seulement Angèle

Angèle a enflammé mercredi soir le Club Tent de Paléo – © Paléo / Laurine Mottet

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Elle est la petite sœur d’un certain Roméo Elvis. Pourtant, à 22 ans, Angèle n’a pas besoin de ce lien filial pour réussir. Elle s’en détache même. Joyeuse, joueuse, désinvolte (un peu), la Bruxelloise prend par exemple de haut la «Loi de Murphy» dans sa chanson du même nom. De l’anglais au français, de la pop au R’n’B, Angèle fascine et, peu à peu, impose son style volontiers décalé.

Mercredi, l’auteure-compositrice-interprète était attendue sous le Club Tent bouillonnant du Paléo Festival – 43e du nom. Programmée entre un Vianney désarticulé et une Jain à la production aseptisée, la pression était grande. À 20 heures précises, la jeune femme, vêtue d’un rouge flamboyant, entre en scène. Avec son dernier titre, La Thune, teinté pop et reggae, le ton est donné. «Salut Paléo ! On est un peu cousins, Suisses et Belges, non ?», lance-t-elle, alors que le public scande son nom.

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L’inédit comme mot d’ordre

Avec un premier album dont la sortie est prévue pour le 5 octobre prochain, Angèle joue le pari risqué du concert 100 % inédit (ou presque). Aujourd’hui, seuls trois singles de la chanteuse sont disponibles en streaming. Alors, difficile de fredonner ou accompagner Angèle dans son lyrisme. Et tout festivalier qui se respecte le confirmera : est ambitieux celui qui tente d’apprécier le texte dans un open-air.

Mais, pas grave, Angèle sait électriser ses foules. En alternant habilement tubes aux millions d’écoutes et chansons plus confidentielles, la musicienne sait captiver son public. L’Asse saute, crie, danse, s’embrasse sur ces nouveaux sons ; c’est un succès. Quelle classe.

© Paléo / Laurine Mottet

Enfant de la balle

Il faut dire que la révélation du plat pays a été élevée à la bonne école. Fille du chanteur belge Marka et de la comédienne Laurence Bibot, elle a grandi dans un milieu artistique, tout comme son frère aîné, Roméo Elvis – il sera également vendredi à Paléo. En 2016, sa reprise du titre Bruxelles de Dick Annegarn fait un carton sur YouTube, tandis qu’elle accumule les abonnés sur Instagram. Adepte de la plateforme, elle y poste des vidéos tantôt musicales tantôt humoristiques.

Influencée par Hélène Ségara ou Ella Fitzgerald, elle sort son tout premier single, La Loi de Murphy, en octobre 2017 et s’offre les premières parties des concerts des soeurs jumelles d’Ibeyi (programmées jeudi sur le festival), du rappeur belge Damso ou encore de Matthieu Chedid. Fin janvier 2018, elle dévoile un deuxième single très réussi, Je veux tes yeux, visionné plus de 4 millions de fois depuis sa publication.

La classe intégrale @angele_vl #paleo2018

Une publication partagée par Sophie Evard (@sophieevard) le

Une maîtrise du spectacle

Une heure passe. L’air de rien. Le soleil rase désormais le festival. Et Angèle, pour qui la scène ne semble pas avoir de secrets, annonce néanmoins timidement : «Bon Paléo, on part sur un dernier titre». Le public feint de ne pas entendre et continue de hurler. Pourtant, le morceau terminé, dans l’éclairage violacé du plateau, la jeune femme, longiligne, finit par disparaître, presque aussitôt. Suivie de près par ses trois musiciens.

Ainsi, comme si rien ne s’était passé, la foule, jusqu’ici compacte, s’étoffe. Ici ou là, l’on entend encore siffler les titres découverts pendant ce précédent instant. Angèle, merci.


Infos, bourse au billets et line-up complet sur www.paleo.ch.
Le 43e Paléo Festival se déroule du 17 au 22 juillet 2018, à Nyon. 

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Les line-ups de nos festivals musicaux 2019 : ce que l’on sait déjà

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Il faudra attendre jusqu'au 26 mars 2019 pour connaitre l'affiche du Paléo – © Laurine Mottet Photography

Exit 2018, bienvenue en 2019. Cette année, les meilleurs festivals musicaux de Suisse (et d’ailleurs) nous réservent du lourd. Quelques noms sont déjà sortis et il va y en avoir pour tous les goûts.

The Beat Festival – 29 janvier 2019

Le festival reprendra d’assaut l’Arena de Genève pour une soirée hip-hop comme on les aime. N’oubliez pas de dire bonjour, Vald risque de vous faire pogoter. Il sera également accompagné par Moha La Squale, Scarlxrd, Dosseh ou encore Columbine.

Autres artistes : PLK et Lord Esperanza.

Infos sur thebeatfestival.ch

Lire aussi :  The Beat Festival #2 : quand le Rap Game envahit Genève

Caprices Festival – 11 au 14 avril 2019

La station de Crans-Montana accueillera à nouveau les amateurs de techno dans un panorama à couper le souffle. Des grands noms seront à l’affiche : Sven Väth, Ricardo Villalobos, Pan-Pot ou Black Coffee.

Autres artistes : Raresh, Audiofly, Fabe, Behrouz…

Line-up complet et infos sur caprices.ch

Caribana Festival – 5 au 8 juin 2019

Quelques noms ont déjà été annoncés. Pour les rockeux, Franz Ferdinand sera présent avec son tube Take Me Out. Le vendredi risque d’attirer les amateurs d’électro ; l’électro-pop de Caravan Palace, un voyage électronique avec Vitalic, la trip-hop de Morcheeba et la synthpop française de Synapson. Et pour ceux qui n’en auraient pas encore marre de casser la démarche comme Samuel Umtiti, Vegedream ramènera la coupe à Crans-près-Céligny.

Autres artistes : Bastian Baker et Kazy Lambist.

Infos sur caribana-festival.ch

Greenfield Festival – 13 au 15 juin 2019

Rock’n’roll baby ! Interlaken sera une nouvelle fois le centre névralgique du rock. Le festival bernois ne déçoit décidément jamais ces fans. SlipknotDie Toten Hosen, Sabaton, Dropkick Murphys ou Eluveitie. Hell yeah, ça va pogoter une nouvelle fois !

Autres artistes : Amon Amarth, Papa Roach, Within Temptation, Lamb of God…

Infos sur greenfieldfestival.ch

Eurockéennes de Belfort – 4 au 7 juillet 2019

Un classique venu tout droit de France. C’est un peu le cousin du Paléo et c’est toujours une réussite. Sur la Presqu’île de Belfort, Angèle, Roméo Elvis, Petit Biscuit, $ucideboy$ vont nous faire chanter et danser. Tout comme les Chainsmokers, d’ailleurs. Les nostalgiques du rap français seront ravis d’aller voir Joey Starr avec son groupe Supreme NTM.

Autres artistes : Christine and the Queen, Jain, Interpol, Slash, Parkway Drive, Stray Cats, Weezer…

Infos sur eurockeennes.fr

Lire aussi :  À Paléo, tout le monde il veut seulement Angèle

Festi’Neuch – 13 au 16 juin 2019

Les Jeunes Rives, le bord du lac de Neuchâtel, encore une fois, on se réjouit d’y être. Un programme éclectique avec la jeunesse insouciante de Lomepal et Therapie Taxi. De l’expérience avec Patti Smith, Midnight Oil et Sum 41 et un peu de douceur avec Ben Harper.

Autres artistes : Zazie, Ska-p, Gaëtan Roussel et Bastian Baker.

Infos sur festineuch.ch

Sion sous les étoiles – 11 au 14 juillet 2019

Quatre soirées, quatre genres. Jeudi, on se met «à la bien» avec Soprano. Vendredi, on emmène nos aînés écouter Patrick Bruel, Zaz et Bernard Lavilliers. Samedi, on met son blouson en cuir et l’on chevauche une Harley, pour aller admirer Gotthard, Krokus et StatutQuo. Dimanche, enfin, on espère que la performance de Martin Solveig sera meilleure que celle lors de la remise du Ballon d’Or 2018.

Autres artistes : Kendji Girac, Jean-Baptiste Guegan et Pretty Maids.

Infos sur sionsouslesetoiles.ch

Paléo Festival – 23 au 28 juillet 2019

Comme à son habitude, le Paléo annoncera ses artistes au mois de mars, le 26. Et il est très dur de dénicher des petits noms en avance. Mais on vous annonce déjà (et en exclusivité) que Patrick Bruel sera bel et bien de la partie.

Infos sur paleo.ch

Estivale Open Air – 31 juillet au 3 août 2019

Le festival staviacois continue de grandir. Et les premiers noms sont alléchants : The Hives, Roméo Elvis et Orelsan.

Autres artistes : Julien Clerc, Bernard Lavilliers…

Infos sur estivale.ch

Rock Oz’Arènes – 14 au 18 août 2019

Après son mini flop de 2018, le Rock’Oz compte bien se racheter. Il y aura, cette année, non plus une, mais bien deux soirée électro. Toutefois, pas de noms pour l’instant. Pour les autres soirs : Scorpions, Bénabar, Christophe Maé et Boulevard des Airs.

Autres artistes : Wardruna et Alan Stivell.

Infos sur rockozarenes.com

Lire aussi :  Rock Oz', c’est la Challenge League

Venoge Festival – 21 au 25 août 2019

Penthalaz se réjouit déjà : Prophets of Rage sera présent. Le supergroupe formé par Cypress Hill, Rage Against the Machine et Public Enemy, va livrer une performance à ne pas louper. Pour les autres soirs, il y aura The Jacksons, même sans Michael. Feder et Amir ont également été annoncés.

Infos sur venogefestival.ch

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Concerts

Charlie Winston aux Docks, chapeau feutré et musique d’avenir

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© Alain Jordan

« Les glaciers fondent, mais il fait toujours aussi froid », grogne un spectateur bien décidé à emprunter l’itinéraire le plus efficient entre sa citadine 4×4 et le bâtiment industriel des Docks. La sécurité, permissive en cette humide soirée d’hiver, laisse activement passer le public venu voir celui découvert au printemps 2009 avec Like a Hobo, Charlie Winston.

On pensait ne plus jamais l’entendre. Comme périssable dans les inexorables Charts. Trois ans après s’être volatilisé des radars musicaux, le chanteur britannique, 40 ans sous le chapeau, est de retour avec «Square 1», un quatrième album solaire de onze titres aux sonorités pop profondes et à la folk dansante.

Après la première partie assurée par Tom Baxter, qui n’est autre que le frère aîné d’un certain Charlie Winston, la silhouette de la tête d’affiche s’expose en ombre chinoise derrière quatre toiles blanches. L’homme, vêtu d’un impeccable costume carrelé et de son légengaire trilby feutré – ils ne sortent jamais l’un sans l’autre –, finit par apparaître dans la lumière sur In your Hands. L’assemblée de la salle lausannoise semble bouillante.

Le Britannique, survolté, durant son interprétation de “Kick the Bucket” – © Alain Jordan

Une intime folie

Charlie Winston, c’est une sorte de folie douce semblant tout droit sortie du premier pub de Londres, au petit matin, après une jam légendaire. Deux phrases dans un franglais attachant et l’on se croit déjà lié par quelque chose avec le chanteur. Une fausse candeur et la force du lyrisme ; le voilà parti, l’Artiste. Parti où ? Quelque part entre le Malawi et les Cornouailles… Mais, peu importe, l’on suit avec plaisir.

Sur scène, comme pour instaurer une intime communion entre les mille et un acteurs présents, Winston se confie. De sa récente paternité à son amour pour l’Afrique, la salle se transforme en un étrange cabinet de psychothérapie – à l’ambiance légère.

Quelques notes et aveux passés, Airport, une ode à la problématique migratoire actuelle, vient alors plonger le public des Docks dans un silence quasi pythagorique. «Lors de mes voyages humanitaires, notamment en Macédoine, je me suis aperçu que derrière chaque “migrant” – c’est le mot qu’on utilise tout le temps – se cache une personne et une histoire», déclare le Britannique en guise de prologue à ce piano-voix désarmant.

Un moment d’osmose durant “Get up Stronger”, chanson en hommage à l’un de ses fils – © LnPixElle Photography

Jonglant entre instants intimistes et coups d’éclat, Charlie Winston, entouré de ses deux musiciens, s’appliquent à faire danser le public des Docks. Venue en masse pour son dernier concert de l’année, la foule se trémousse sur deux étages pleins à craquer.

C’est sur les ultimes notes de The Weekend, son nouveau single, que l’homme au chapeau s’éclipse, laissant ainsi la place à la lumière et aux infatigables «Christmas Songs» de Frank Sinatra. Quelques instants plus tard, les portes des Docks finissent alors par s’ouvrir. Dès lors, la froideur de décembre ne manque pas de s’infiltrer dans la bâtisse ; certains pestent déjà. Charlie, merci.

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