Les 15 ans de La Camerata de Lausanne : « Un concert un peu fou, une explosion de bonheur »

La Camerata, l’orchestre classique lausannois, fondé par le violoniste Pierre Amoyal, fêtera ses 15 ans ce samedi, en capitale vaudoise. Musique, dont deux créations mondiales, chant, comédie, danse et contorsion seront réunis sur la scène de la Salle Paderewski ; une première.

Antoine Auberson, compositeur d’une des pièces exclusives, explique avoir été très heureux d’écrire pour l’orchestre : « Si on me sollicite pour composer, qu’on vient me chercher, je suis d’abord très content ». Sa pièce est adaptée d’une de ses créations pour la Compagnie Eustache : « C’est une musique très dynamique, modale, avec plein d’éléments rythmiques. Et du coup, je me suis dit que j’allais me régaler avec des cordes, en leur donnant tout l’aspect percussif ».

C’est stimulant de travailler avec des gens qui recherchent la force, la beauté, la perfection.

Il me confie également son bonheur de travailler avec ces musiciens : « Ce sont de grands professionnels. Ils sont très pointus avec la musique. C’est stimulant de travailler avec des gens qui recherchent la force, la beauté, la perfection. ». Il raconte en souriant que la femme de Pierre Amoyal l’a appelé à plusieurs reprises, pour lui demander des précisions sur des détails. Coups de téléphone très agréables et stimulants : « Quand tu composes, tu fabriques une petite mécanique. Des fois, tu passes beaucoup de temps sur des détails. Certains musiciens sont à un stade où ils passent au travers de ces détails. Et là, en l’occurrence, ils vont plus loin encore, parce qu’ils ont un niveau technique et d’expérience qui est fort ».

Pierre Amoyal, fondateur de l’orchestre, me raconte avec enjouement, que La Camerata lui a permis de joindre ses deux passions : faire de la musique et l’enseigner, en « faisant des concerts avec ses étudiants ». Un hasard de la vie, un directeur de conservatoire lui avait demandé de remplacer un violoniste qui devait jouer au conservatoire de Lucerne, qui a abouti sur un orchestre. Un pari gagnant : « Au départ, on était juste un petit orchestre d’école, puis on est devenu un orchestre international ». Un orchestre international qui a maintenant une certaine longévité : « C’est à la fois long et pas long, quinze ans », explique en riant Pierre. Un succès qu’il explique par leur passion commune pour la musique, mais aussi par les liens affectifs qui les lient : « On s’est connu, j’étais leur professeur et ils étaient étudiants. Et maintenant, ils sont devenus des professionnels bien installés dans la vie musicale lausannoise ». La spontanéité, la fraîcheur et surtout l’opposé de la routine, qui est parfois « le danger des orchestres », complètent le tout : « Ils [les musiciens d’autres orchestres, ndlr.] vont au travail. Nous, on travaille beaucoup, mais c’est dans la joie ».

On a besoin de voir, d’inspirer notre esprit par l’image, pour peut-être mieux comprendre la musique qu’on aime.

Le violoniste a d’ailleurs hâte du spectacle de samedi, qu’il qualifie « d’explosion ». Et il le doit en partie à leur nouvelle recrue, qui elle, n’est pas que musicienne : « C’est une espèce d’explosion qui a lieu, grâce à notre nouvelle administratrice, Nathalie [El-baze, ndlr.], qui est aussi une professionnelle de la musique ». Une arrivée qui a amené un souffle nouveau : «  On a décidé de faire un programme novateur, avec notamment Pascal Auberson [Auteur, compositeur et interprète lausannois, ndlr.]. C’est un concert un peu fou, une explosion de bonheur ». Un spectacle qui allie donc son et image. Pour Pierre Amoyal, c’est la société moderne qui provoque cet appel au visuel : « Le monde d’aujourd’hui va beaucoup plus vite. On a besoin d’image. En soit, Mozart, Bach ou Vivaldi n’ont besoin de rien. On a besoin de voir, d’inspirer notre esprit par l’image, pour peut-être mieux comprendre la musique qu’on aime ». Et ce n’est pas fini, il se voit encore sur scène dan quinze ans : « Je ne serai jamais à court d’enthousiasme et d’énergie pour jouer avec eux. C’est sûr ».

La Camerata a un site web, un Facebook, un Instagram et un SoundCloud.