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On a rencontré Rémy, 21 ans, le rappeur du 93 à la plume mature

Rémi, avec son flow 4x4, est un des nouveaux prodiges du rap français – © Fifou

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Le rap français est en plein baby-boom de nouveaux talents depuis quelques années. Le département du 93, qui regroupe des communes comme Épinay-sur-Seine, La Courneuve, Neuilly, Saint Ouen, Sevran ou encore Saint-Denis, représente bien cette nouvelle vague. En effet, des artistes tels que Sofiane, Maes, Dinos, Vald, Kalash Criminel et Sadek représentent fièrement ce district et sont des personnes influentes dans l’industrie du disque. Mais ils ne sont pas les seuls… Il y a aussi ce jeune homme de 21 ans, Rémy. Qui est-il ?

Rémy est originaire d’Aubervilliers, une banlieue de Paris Nord, dont le groupe Tandem (Mac Tyer & Mac Kregor) fut le premier représentant à la fin des années 90. C’est à l’âge de dix ans que Rémy Camus écrit ses premiers textes. Quelques années plus tard, il fait le choix de stopper ses études pour le rap. Sokrate alias Le Général alias Mac Tyer décide de prendre le jeune rappeur sous son aile. Comme So’, son ainé, le dit : « C’est quelqu’un qui me fait penser à nous, à l’époque de Tandem. Lorsqu’on est arrivés, on était très jeunes avec une grosse maturité lyricale (sic) et dans l’ère d’aujourd’hui où les jeunes de sa génération sont un peu plus légers dans les paroles, il arrive vraiment avec quelque chose de lourd. C’est pour ça que je me suis mis derrière lui pour essayer de l’amener au plus haut ».

C'est Rémy

© Droits réservés

C’est en juin 2017 que le label Def Jam France (appartenant à Universal Music) officialise sa nouvelle signature avec Rémy. Superbe cadeau pour ses 20 ans. Rémy sort alors les morceaux Je te raconte, Comme à l’ancienne (feat. Mac Tyer), Rappelle-toi et Un peu ivre, avant de nous livrer son premier album intitulé C’est Rémy, le 23 mars 2018. À ce jour, ce premier album s’est écoulé à plus 40’000 unités.

Rémy était l’une des têtes d’affiche de l’évenement Sneakers & Beats, dans la salle de concert Fri-son, à Fribourg, le 8 décembre dernier. Rencontre.

Slash : Qui est Rémy ?
Rémy :
Je suis un jeune rappeur du 93, qui a commencé à « écrire » à l’âge de dix ans. J’ai fait des séances studio trois-quatre ans après. Bien plus tard, j’ai signé en maison de disque, grâce à Mac Tyer dit Sokrate.

Quand a-t-il eu lieu, ton premier contact avec le rap ? Qu’est-ce qui t’a donné envie d’être rappeur ?
Mon premier contact avec le rap est lorsque j’en ai entendu à la radio. J’avais aussi les compils Planète rap que je mettais dans la voiture. Il n’y avait que du rap autour de moi. Il y avait aussi de la variété française, que j’apprécie, mais que j’écoute très peu… J’ai été bercé par les chansons des années 80, 90, et le rap.

D’où te vient ton amour pour l’écriture ?
Je ne sais pas… C’est la rue… En fait, c’est par rapport à tout ce que je vis. Cela me donne envie de prendre la parole. J’aime parler de moi, même si, à la base, je ne suis pas comme ça.

Comment définirais-tu ta musique ? Qu’est-ce qui te différencie des autres ?
J’ai ce truc mélancolique, j’aime faire passer des émotions et en même temps transmettre un message. C’est très important pour moi. Mais je ne me résume pas qu’à ça. En fait, je suis très varié, même si les gens ne le savent pas encore, je n’ai sorti qu’un album. Vous allez le comprendre prochainement avec le deuxième album que je suis en train de réaliser. Je ne connais pas encore la date de sortie.

Ton premier album « C’est Rémy » est sorti en mars. Quels sont les retours ? Es-tu satisfait du résultat ?
Aujourd’hui, j’ai vendu quarante mille albums. Pour un premier album, je trouve que c’est énorme. Perso, je n’en ai rien à faire d’avoir le Disque d’Or en une semaine. Plus je ferai des ventes, plus je serai content, parce qu’il y aura plus de gens qui écouteront mon son et qui comprendront mon message. De base, les ventes ne sont pas un facteur qui m’intéresse. Je n’ai jamais été séduit par la notoriété, car, après, tu es perçu comme quelqu’un d’anormal, alors que tu es comme tout le monde. Si je n’étais pas connu, tu serais passé dans la rue, tu ne m’aurais pas regardé. Je suis le même que celui qui n’est pas connu. Pour moi, il n’y a rien qui change. Le bon côté du métier d’artiste est qu’on vient te voir pour te dire que ta musique est bonne, que ce que tu dis ça aide dans la vie quotidienne. C’est dans ce genre de situation que je comprends pourquoi je fais du rap et que ça me donne « envie » d’avoir plus de visibilité afin de transmettre un message positif. Il y a des papas qui viennent avec leurs enfants à mes concerts, et je peux te dire que ce n’est pas pour les accompagner ; ce sont les deux parties qui kiffent la musique, et à la fin le père ou le fils vient me dire que « grâce à toi, je me suis rendu compte de… ». Ça me touche vraiment.

 

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Ton album a plus la sonorité rap des 90’s que trap. Ce qui pourrait paraître étonnant vu ton jeune âge. Pourquoi ce choix ?
Personnellement, je ne trouve pas. Je ne suis pas d’accord avec toi. Je pense que je me diversifie. Il y a des sons qui te font penser au rap 90’s comme Rappelle toioù je laisse la place au dialogue. Je ne pense pas que ceci est lié au style de rap 90’s. Je pense juste qu’il y a un message, c’est tout. Des sons comme Bandits, Intro, Bella ciao, Maman ne me quitte pas sont des morceaux modernes. La musique pour moi, c’est la mélodie. J’aime toute sorte de son. Pour moi, le piano a son importance, par exemple. Qui n’aime pas le piano, sérieux ?

Le chant prend une grande place dans le LP. Quel est ton rapport avec la chanson ? Quelle est sa valeur ajoutée ?
De base, je ne suis pas un chanteur. Pour moi, chanter amène de la douceur, ça apaise et je pense que le message que l’on veut véhiculer sera mieux compris par le chant. Je ne prends pas de cours de chant, mais j’y pense. Quand tu es un artiste, t’as des choix à prendre : sois-tu restes comme tu es, sans apporter de la nouveauté dans tes prochains projets, car ton premier album a fonctionné ainsi. Soit tu t’appliques dans la recherche de nouvelles mélodies, prendre des cours de chant, lire des livres pour avoir un meilleur vocabulaire et une bonne grammaire… Il y a plein de possibilités. C’est comme un footballer qui va s’entrainer : au lieu de se lever à midi, il sera debout à 8h. LeBron James n’a pas commencé en tant que basketteur, il a débuté en tant que footballeur américain. Aujourd’hui, son expérience dans le football américain lui a servi pour le basketball. Ma vision est qu’il ne faut pas rester que sur le rap. Si tu veux faire du bon son, n’écoute pas que du rap. Écoute différents styles de musique.

Si tu pouvais changer quelque chose à ton premier album, ce serait…
Rien. Je vais t’avouer quelque chose : le morceau que j’aimais le moins dans cet album était Note de piano. Ces temps, il est mon morceau préféré. Pourquoi ? Je ne sais pas. Quand tu as des aprioris sur quelque chose, tu peux te rendre compte que demain ceux-ci étaient faux. Les erreurs que j’ai pu commettre dans le projet font partie de la magie de mon premier album. C’est mon premier LP, c’est ma carte d’identité, donc je ne changerais rien. Le passé, c’est le passé, maintenant il faut penser au futur. Je ne ferai pas les mêmes erreurs dans le second.

Quel est ton morceau préféré et pourquoi ?
Cela varie. Il y a un moment où je préférais Bandits, un autre Note de piano ou Ne me quitte pas, qui est un morceau très fort, car il est dédié à ma maman. La majorité des gens me disent que ce titre est une « dinguerie ». Intro est aussi fort… Donc ça joue entre un des deux.

Pourquoi arriver directement avec un album et non une mixtape ?
Parce que j’ai eu la chance avec Mac Tyer de signer chez Def Jam. Il connaît bien les directeurs et l’on s’est entendus directement sur la direction que l’on voulait prendre. À partir de là, on avait tout ce qu’il fallait pour faire les choses correctement. Donc, pourquoi faire une mixtape ou un EP, si l’on a la chance d’avoir un soutient important ? On se lance.

Ton écriture est très mature par rapport à ton jeune âge…
Je n’ai jamais lu de livre dans ma vie. Le seul livre que j’ai lu a été acheté à l’aéroport, il y a deux mois. J’ai lu une vingtaine de pages et je l’ai perdu à l’aéroport (rires). Ça faisait un an que je me disais « commence à lire Rémy », au moment que je commence, je perds le livre. J’ai peut-être une maturité dans l’écriture, mais, en vrai, je ne suis pas très mature… On a tous une certaine maturité… Il y a un moment dans notre vie où l’on fait les mecs matures, mais, quand on est avec nos potes, on est de vrais gamins. Devant la feuille blanche, je me concentre vraiment, car je veux plaire à tout le monde. Un petit de huit ans comprendra mieux une écriture mature qu’une difficile. Je n’utilise pas des mots compliqués. J’essaie de donner la chance aux jeunes d’être élevés à la bonne musique. Je ne dis pas que les autres rappeurs font de la mauvaise musique, la bonne musique est de faire comprendre des choses aux gens, passer un message. Pourquoi faire de la merde pour vendre plus alors que je peux vendre tranquille en faisant ce que j’aime ?

Sokrate alias Mac Tyer est la personne qui t’a prise sous son aile. Décris-le-nous en 5 mots.
Connaisseur, sneakers addict, mode, marrant et cœur. Il a beaucoup de coeur. Ce que j’aime chez lui, c’est qu’il est à l’écoute, et peu importe l’âge de la personne qui sera en face de lui. Je m’inspire beaucoup de lui. Je voulais absolument travailler avec lui. Je l’ai attendu pendant un an afin qu’il règle diverses affaires et je ne regrette vraiment pas.

Quels sont tes trois morceaux, tous styles confondus que tu adores ?
Akon Don’t matter, Solo Iyaz, Psy4 De La Rime  Les Cités d’Or. J’ai beaucoup écouté Soprano et je pense même qu’il m’a influencé dans mon ouverture musicale. Booba, également. Mon son préféré est Au bout des rêves, en featuring avec Trade Union – je connais le morceau par coeur.

Quels sont tes projets pour 2019 ?
Il y a l’album en préparation. Je travaille très dur dessus. Sinon, je suis en tournée dans toute la France.

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Rencontre avec le SexoapCrew, six têtes lourdes qui sortent de leur Bulle

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SexoapCrew
© Billy

Respectée pour sa fondue «moitié-moitié», la ville de Bulle se situe au centre de la Gruyère, non loin de Fribourg. 1630 (seize-trente) est le matricule de ce lieu de rencontres culturelles, avec ces marchés folkloriques, les foires à bétail, les expositions, théâtres et autres spectacles qui réunissent un public très varié.

La musique à Bulle, plus précisément le rap, tient une place importante. Les rappeurs tels que B.Bess, Blake (Old’Team) ou encore l’entrepreneur Drin sont des acteurs qui donnent à cette ville de la valeur tant musicalement qu’en termes événementiels. Il y a aussi le SexoapCrew, un collectif qui réunit six mecs. Une chose est sûre : ces jeunes ont la «dalle» et sont passionnés de musique. Chaque membre a sa propre identité et le collectif se complète ainsi dans sa musique, mais aussi en dehors de celle-ci.

Le SexoapCrew, lors de son concert à la salle Ebullition de Bulle, en 2017 – DR

SexoapCrew assurait la première partie de Rémy & Jossman à l’occasion de l’event Sneakers ‘n’ Beats. Les rappeurs bullois ont mouillé le maillot et se sont faits plaisir. Rencontre.

Lire aussi :  Patrick Ferreira, le couteau suisse de la Sneaker

Slash : Qui est le SexoapCrew ?

Simcheck : C’est un groupe d’une vingtaine de potes, qui compte six rappeurs venant de Bulle et des environs. On a grandi ensemble, on a appris à se connaitre et le rap est un truc qu’on a développé ensemble. Quand on faisait nos apéros dans le froid, sous la pluie, sous la neige… Bref, dans toutes les situations météorologiques, on a commencé à rapper… Après quelque temps, on a décidé de faire quelque chose, vu que le rendu était bon.

Quel a été votre premier contact avec le rap ?

Sunem : Comme SGK l’a dit, le premier contact s’est fait pendant les apéros, à la Condémine, la «Condé» [établissement scolaire de Bulle-Morlon, ndlr.]. On a commencé à faire les choses sérieusement. La salle Ebullition nous a contactés afin qu’on se produise, lors d’une soirée dédiée aux nouveaux talents. L’expérience s’est super bien passée, on a décidé de continuer l’aventure, les six.

Comment définiriez-vous votre musique ? Quelles sont vos influences ?

Tacchini : Notre musique est différente, car on écoute pas le même son. Le mélange de nos goûts musicaux et nos influences donnent l’ADN du SexoapCrew. On est tous différents les uns des autres, ça apporte une alchimie qui est assez bonne, j’ai l’impression.

Qu’est-ce que chaque membre apporte au groupe ?

Sunem : On est six mecs très différents, au niveau du style, du rap, etc. Certains ont plus de facilité à composer un refrain, à le chanter car ils ont une bonne voix. D’autres ont plus de flow… Quand on se rassemble, les idées fusent ! Ce qui fait, qu’on crée une «bête» de son (rires) !

Sur votre chaîne YouTube, les trois premiers clips portent le nom du groupe et les trois derniers sont des solos/duos, pourquoi ?

Tacchini : C’est parce qu’on ne se limite pas à du projet de groupe. On ne se restreint pas à faire des solos, des duos… On est dans une période où c’est «galère» de se retrouver les six, car il y en a un qui est à l’armée. C’est dur de trouver du temps. Si quelqu’un est chaud à faire un solo, un duo, un trio, peu importe, on va pas les freiner !

Simcheck : On est des frères. On se donne la force pour aller plus loin. Le but est de créer un truc tous ensemble, mais si l’un de nous peut aller plus vite, on le laisse. Le but est de se donner la force.

À quand votre premier projet ?

Dom : Ça, c’est… c’est confidentiel (rires). Courant 2019, quelque chose va se passer. On n’a pas de date précise. On espère début d’année. On a bossé tous ensemble, on a pu prendre le temps, c’est pour ça qu’il y avait moins de clips à six, sur YouTube. On va revenir en force !

Où enregistrez-vous vos morceaux ?

Dom : Au début, on enregistrait dans un studio… Maintenant, tout se fait dans ma chambre. On préfère être entre nous pour enregistrer, on se sent plus libres. On s’occupe que de l’enregistrement, du découpage des pistes et on envoie au mix. On a un peu de matos, on se débrouille avec ce qu’on a. On espère qu’au fil du temps, on acquerra plus de matériel et plus de qualité…

Sunem : Pour le projet à venir, de nombreux morceaux ont été enregistrés dans un chalet, à La Tzoumaz. On a installé le studio dans une chambre. On était isolés de tout, on a beaucoup créé.

Quelle vision portez-vous sur le rap suisse ? Quels sont ses points forts et ceux à améliorer ?

Tacchini : Je pense qu’on vit une sacrée époque. Rien que les gars de la SuperWak Clique qui traversent les frontières, ils montrent que le rap suisse sait se défendre ! Le rap en Suisse se porte bien, comme en France ou en Belgique. Après, il est vrai que ce n’est pas facile de se faire connaître…

Dom : C’est un peu maintenant que tu as des groupes et des artistes qui sortent du lot. Il faut que cela continue, il ne faut pas que les gens s’arrêtent, il faut qu’ils tiennent le truc !

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The Queen’s Underwear, rencontre avec les monarques du funk romand

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Le groupe en live dans leur local à l'espace 19, au Flon – © Lea Sblandano

Guitariste du groupe The Queen’s Underwear, Jessica Chevillat, du haut de ses 24 ans, nous parle du parcours, des influences et des projets du quintet de filles, dont elle fait partie depuis bientôt deux ans. Un groupe qui mérite sans aucun doute qu’on l’écoute ou qu’on aille le voir tant il se démarque par la diversité des sonorités qu’il propose, enchantant, par la même occasion, nos oreilles. C’est donc un mélange de groove, de funk, de rock, de psyché et de sons plus latins que nous proposent ces cinq artistes. Petit tour d’horizon de la formation « garage-funk » et de ses membres : Jessica Fastré, Alice Oechslin, Louise Knobil, Vanessa Sin et Jessica Chevillat.

The Queen’s Underwear au complet: De gauche à droite puis de haut en bas : Alice Oechslin, Vanessa Sin, Jessica Fastré, Jessica Chevillat et Louise Knobil – © Lea Sblandano

Interview réalisée le 21 novembre 2018.

Slash : Salut Jessica. Dis-nous, comment s’est formé The Queen’s Underwear ?

Jessica Chevillat : Alors, ça fait à peu près deux ans et demi qu’il a vu le jour. Pas avec la formation actuelle, mais lorsqu’on en a eu l’idée avec Alice, l’autre guitariste du groupe, de créer un groupe de filles. Et de là est parti justement ce projet, où l’on a trouvé Jessica, la batteuse, et ensuite Louise, la bassiste. On a eu deux chanteuses avant Ness (Vanessa), mais qui ne sont pas restées longtemps. Donc, on a mis un peu de temps, environ six mois, avant de trouver vraiment une chanteuse investie dans le projet. Et c’est à partir de là qu’on a commencé à beaucoup composer et que le groupe a vraiment pris une direction de chansons-compositions. C’est vraiment parti comme ça, on a commencé à beaucoup composer les cinq en sept-huit mois, puis on a eu notre premier concert l’année passée, en mai, à la Nuit des Artistes de Lausanne. Et ce concert nous a servi de tremplin, je pense. De là, tout a commencé : on nous a rappelé pour refaire un autre concert, puis on nous a reproposé autre chose, etc. C’était un peu un effet boule de neige. Grâce au bouche-à-oreille, finalement, les choses se sont faites. On n’espérait pas que ce soit aussi naturel et spontané.

Dans le groupe, chacune a donc un rôle bien spécifique ?

Il y a Alice et moi qui sommes guitaristes électriques, il n’y a pas une qui fait plus que l’autre, on a vraiment un rôle à parts égales, on se complémente. On a aussi Louise, la bassiste qui joue une basse à 4 cordes et l’autre Jessica, la batteuse. Et, évidemment, on a Ness, notre chanteuse. Et pour ma part, j’ai d’autres projets où je suis exclusivement chanteuse et d’autres projets où je suis chanteuse et guitariste. Mais, dans ce groupe, avec le temps, j’ai commencé à faire des backings  vocals avec les autres membres du groupe.

Jessica Chevillat (à gauche) et Vanessa Sin en concert au Romandie de Lausanne avec leur groupe – © Lea Sblandano

Peux-tu nous dire quel est, au final, le style de musique que vous proposez et quelles sont vos influences ?

Alors, c’est assez dur de répondre à cette question, parce que l’on mélange beaucoup de styles différents. Dans nos descriptions, on dit que c’est du « garage-funk ». Garage pour grunge, punk… tout ce qui est très rock. On mélange de la funk, du grunge, du rock, du punk, de la Bossa nova – des sons plus latins –, on y mélange aussi le groove. Il y a aussi un peu de stoner rock – tout ce qui est un peu plus psychédélique. Stoner, c’est un peu de la musique rock planante. Donc, on a vraiment beaucoup d’influences. On puise notre inspiration dans ce qu’on écoute chacune, on puise dans plusieurs sphères de sons. En soi, les deux noyaux, c’est vraiment le groove-funk et le rock-grunge-stoner. Ce couple de styles vient se mettre ensemble, toujours avec une pointe de Bossa nova qui vient se coller sur certains morceaux. Il y a même un peu de jazz en fait… C’est très éclectique, on est très vastes dans nos sonorités.

Le « garage-funk », selon toi, ça plait en Suisse romande ? Tu connais d’autres groupes qui en font ?

Alors, je ne pense pas qu’il y ait forcément un style de musique préféré en Suisse romande. C’est sûr, la techno, c’est quelque chose de très présent dans le monde de la nuit, les soirées, plus que les groupes en live. Après, oui, il y a beaucoup de groupes de rocks, de plein de rocks différents, parce que le rock, c’est très vaste aussi, et j’ai l’impression qu’il y a plus de groupes rock que de funk. Mais gentiment, je vois aussi se mettre en place un mouvement de gens qui font plus du groove, de la funk et ça c’est très motivant parce qu’on voit qu’il n’y a pas qu’un style qui prend tout le territoire, ça se mélange de plus en plus. Et puis, on voit apparaître beaucoup de nouveaux sons, aussi, même dans des mélanges électros, il y a vraiment de tout. 

En tout cas pour vous, ça a plutôt l’air de fonctionner…

Mmh, oui, je pense… Enfin, les gens aiment bien ce que l’on fait. Après, c’est pas ça le plus important en soi, ce n’est plutôt qu’on prenne du plaisir à jouer. Et après, si ça marche, c’est la cerise sur le gâteau.

Justement, vous avez bientôt des futurs concerts  ?

On en aura un le 26 janvier 2019, dans un local à la Borde, pour un petit festival de musique rock, organisé par des locaux, des gens d’ici, de Lausanne, qui s’appelle le 49bis rock festival. On a accepté, parce que ça a l’air d’être un chouette projet. Ils visent à promouvoir la musique rock psychédélique. Nous, on n’est pas forcément que rock, mais ils ont quand même voulu nous inviter. Il y aura en tout trois groupes. C’est donc un petit festival, mais qui nous a tout de suite plu.  Et puis, sinon, il y a une semaine on a fait notre concert au Romandie, c’était vraiment une grosse date pour nous. Et avant le Romandie, on a fait le Bourg. Donc, on a enchaîné les dates. Très sympa, en fait.

Vous avez d’autres projets, autres que des concerts ?

Justement, on aimerait non pas arrêter de faire des concerts, mais calmer le jeu pour pouvoir enregistrer notre premier album. Parce qu’on a fait pas mal de tentatives d’enregistrement, mais ça a toujours été très autodidacte ou dans des conditions qui font qu’on n’a pas réussi à finaliser quelque chose de propre et de vraiment satisfaisant pour tout le monde. Du coup, on a ce projet et l’on a quelques idées de gens avec qui l’on pourrait collaborer, pour créer ce premier album. Bien sûr, il faut qu’on trouve des subventions, mais on est en train de justement de s’informer, de faire les démarches pour pouvoir investir dans quelque chose de concret… Et puis, c’est vrai qu’on aimerait passer au stade suivant, avec ça.

Vous voulez directement faire un album avec plusieurs chansons, et non pas commencer par un premier EP, avec 2-3 titres ?

Disons qu’on a déjà sept compositions. D’ici là, je pense qu’on en aura plus. Donc, le but premier, c’est un album. Après, peut-être que ça peut changer, par rapport au financement, on verra. On fera peut-être un EP, qui sait. Ce qui est sûr, c’est qu’on a booké une semaine en 2019, où l’on va vraiment bosser tout le long sur une production qu’on pourra montrer à tout le monde et aussi garder pour nous comme souvenir d’années de travail là-dessus. Il s’agit vraiment de concrétiser tout ça. Mais à première vue, on mise plutôt sur un album !

Pour l’instant, vous avez sorti un clip, sur votre chaîne YouTube. D’autres sont en préparation ?

Oui, bien sûr, on aimerait faire encore plus de vidéos-clips. On a sorti le premier, Les parents de la petite Louise sont attendus à la caisse n°13, qu’on a fait nous-mêmes, avec l’aide d’amis. Mais c’est un projet, oui. Avoir un clip un peu plus pro et plus propre. Et puis, aussi, pourquoi pas une tournée. Ça, c’est à voir, comment ça suit avec l’album, ça dépend aussi de nous cinq, c’est vraiment se projeter, là. Mais, je sais une chose, c’est qu’on est toutes très motivées à ce que ce groupe vive longtemps et qu’on fasse encore plein de choses ensemble. Donc, je pense que ce sont des objectifs réalisables.

Comment vous fonctionnez, pour la composition de vos titres ?

Pour la composition, normalement, niveau instrumental, on a souvent le corpus basse et guitares. Donc, les deux guitares qui arrivent avec des idées et la batterie qui vient se greffer dessus. Après, une fois que tout l’instrumental est fait, Ness, la chanteuse, vient avec les paroles qu’elle a écrit. C’est vraiment un complément de l’instrument, avec la mélodie de la voix. C’est comme ça qu’on fonctionne pour l’instant sur la composition de nos titres. Et ça marche plutôt bien.

Elle chante en français…

Oui, il y a un morceau en français, mais la plupart de nos morceaux sont en anglais. Il y a aussi des petites paroles en brésilien qui se greffent un petit peu dessus, que je lui glisse et avec lesquelles elle trouve des idées. Mais, je pense que Ness a envie de composer plus en français. Et, avec les filles, on trouve ça super aussi. D’ailleurs, notre chanson en français, c’est celle que les gens connaissent le mieux et je trouve que c’est important de ne pas oublier notre langue. Ce n’est pas parce qu’on est un groupe qu’on doit chanter en anglais. Notre nom de groupe est en anglais, mais on reste très diversifiées.

Dans l’écriture des paroles, vous avez des sujets de prédilections ?

Ça, c’est vraiment le terrain de Ness. C’est très varié, il n’y a pas de thème précis. Il n’y a rien de spécifique en fait. Pas vraiment de sujet de prédilections… On parle de tout. Ça peut aller du « Je fais mes courses au supermarché » à « Mon voisin parle à son ordinateur » (rires). Donc, c’est vraiment très varié.  Il y a une chanson qui parle d’ordinateur et du monde connecté, ou il y en a une autre qui parle de « Bob », un personnage fictif. Il y a aussi une chanson où Ness s’adresse au public et où elle parle de vieilles personnes à la plage (rires). On a de la chance d’avoir Ness, qui est très créative dans ce qu’elle écrit. Dans le titre Les parents de la petite Louise sont attendus à la caisse n°13, elle parle justement du fait d’être dans un supermarché où tu ne trouves rien, en fait t’as juste envie de partir (rires). Bref, il y a des idées qui surgissent comme ça. Ce n’est pas une règle de parler d’un sujet précis.

Pour finir, pourquoi avoir nommé le groupe The Queen’s underwear ? D’où vous est venue l’idée ?

Je ne me souviens plus de qui est venue l’idée finale, mais il y a eu une sorte de consensus avec l’envie première de trouver quelque chose avec le mot « Queens ». Au début, on était partie sur « The Queen’s panties ». On trouvait ce nom plutôt rigolo qu’autre chose (rires). Le nom de notre groupe n’est pas forcément une revendication en soi, on trouvait juste que ça sonnait bien, on a juste beaucoup aimé et voilà.

Merci Jessica.

 The Queen’s Underwear a une page Instagram, une chaîne YouTube et une page Facebook.  

Le quintet se produira le 29 janvier 2019, dans le cadre du premier 49bis rock festival de Lausanne.

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