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« Cœur de palmier », l’émission qui nous emmène à la découverte de Bali

L'animatrice Julie Marot (à g.) partage la culture indonésienne à travers son émission « Cœur de Palmier ». – © Coeur de Palmier (réal. Florent Marot, 2018)

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En janvier dernier, Julie Marot, journaliste suisse, s’est donnée comme défi fou d’aller vivre à Bali et partager la culture indonésienne au travers de son émission « Cœur de Palmier ».

Une fois son départ pour Bali décidé, Julie a cherché un concept d’émission à faire sur l’île. Rien de surprenant pour la productrice d’« Aujourd’hui » – l’émission estivale sur le développement durable de la RTS – et ancienne animatrice de la matinale Rouge FM. Mais une difficulté supplémentaire s’y est ajoutée : sa nouvelle vie de « nomade digital ».

Ainsi, Julie est partie à la découverte de l’île indonésienne, guidée et accompagnée par des locaux. Mi-vlog mi-reportage, chaque épisode de « Cœur de Palmier » présente un nouvel aspect de la culture balinaise, de l’immersion dans une famille à une expérience reculée dans une tribu Mentawaï, en passant par l’ascension d’un volcan actif. Toujours de manière authentique et au plus proche de la population, l’émission met en valeur les traditions balinaises. Au total, la première saison compte dix épisodes, réalisés par Florent, le mari vidéaste de Julie. Ils sont diffusés sur Rouge TV et sur le web.

Rencontre avec une journaliste aventurière.

Florent (à g.) et Julie Marot à la découverte de Bali. – © Joseph Jeanmart 

Interview réalisée le 4 octobre 2018.

Slash : Comment s’est passé le départ ? Connaissais-tu déjà Bali ?

Julie Marot : C’était sportif ! Lâcher son appart, vendre sa voiture, entreposer ses meubles… ce n’est pas de tout repos. Mais le départ en lui-même s’est très bien passé, nous étions, avec mon mari, préparés depuis plusieurs mois. Ça faisait déjà quelques années que nous nous confions des envies de voyage… Et puis nous avions rédigé cette fameuse liste sur laquelle figurait Bali ! Florent connaissait, moi pas du tout ! Je n’étais même jamais allée en Asie de ma vie. Tout était complètement nouveau pour moi. Je crois que c’est ce qui a rendu le projet encore plus excitant.

Nous sommes partis en janvier 2018, au lendemain de mes 30 ans ! C’était un joli moyen de tourner la page sur la vingtaine et de s’ouvrir à de nouveaux horizons même si les adieux des amis et de la famille à l’aéroport de Zurich ont été très durs.

T’es-tu bien adaptée à l’Indonésie ?

L’Indonésie, c’est soit on l’aime soit on la déteste ! Rien ne ressemble à la Suisse, c’est même le pays le plus opposé culturellement à tous ceux que j’ai déjà pu visiter. Pour ma part, je me suis très vite faite à cette nouvelle vie un peu plus « Rock n’Roll ».

Il est évident qu’au début quand tu arrives, tu te sens un peu perdu. Tu essaies de comprendre comment ça fonctionne, tu essaies de vite te projeter dans ce nouveau mode de vie pour te rassurer… Et tu te demandes aussi comment tu vas faire pour survivre en scooter ! Mais la sensation de sembler en vacances tout le temps aide pas mal à te sentir vite à l’aise.

Par ailleurs, je suis convaincue que pour que l’expatriation fonctionne dans ce genre de pays, il faut lâcher prise. Si tu t’accroches à ce que tu connais, et que tu essaies de le recréer en Indonésie, en cherchant à imposer aux locaux de penser comme toi ça ne fonctionnera pas. C’est à toi de changer et de t’adapter. Après, Bali est très différente des 17 000 îles d’Indonésie. C’est la seule île Hindou du plus grand pays musulman au monde et surtout la plus touristique. Culturellement, ce n’est donc pas très compliqué. Le sud de l’île, plongé entre tradition et modernité, offre un choix incroyable de restaurants. Il est très facile de manger presque comme à la maison (sans les cervelas, la tomme vaudoise et le bon petit pinard du Lavaux), mais on se débrouille. Et pour se faire comprendre ? La langue indonésienne est très facile à apprendre, et beaucoup parlent anglais. Mais ce qui a facilité le plus notre intégration, c’est la bienveillance et la tolérance des Balinais.

Quelle a été la réaction des locaux à votre projet ?

Il n’y a pas une seule personne que j’ai rencontrée qui n’ai pas été réceptif à ce projet d’émission. Au contraire, ils adorent qu’on s’intéresse à eux et sont très fiers. Les Balinais sont des super bons vivants. Ils ont toujours le sourire, ils se marrent tout le temps, ils sont si beaux et faciles à filmer. En revanche, ils ne sont pas très ponctuels et ne mesurent pas toujours l’importance pour une équipe de tournage d’être présente au bon moment au bon endroit. On a souvent du faire avec et improviser.

Et puis certains tournages sur d’autres îles ont parfois été plus compliqués. Il a vraiment fallu s’assurer que mes interlocuteurs étaient capables de parler au moins un peu anglais pour assurer le tournage. Dans les endroits reculés, ce n’est pas toujours gagné, et mieux vaut être bien accompagné.

Comment se passe un tournage en pleine nature ?

Ça demande une organisation de dingue. La logistique est prise en charge par notre partenaire voyage « Bali Autrement », mais après sur place, il faut être super préparé quand on est en équipe réduite. Mais Florent avait bien tout calculé avant le départ. Il a choisi le bon matériel, adapté au voyage, facilement transportable. Ceci dit, quand la nature décide de t’embêter, elle ne fait pas semblant en Indonésie. Surtout en ce moment…

L’épisode 6, consacré à l’ascension du volcan actif Semeru sur l’île de Java, a été le plus compliqué. Nous avons été pris dans des tempêtes, et un des drones n’a pas tenu le choc. Nous on était en mode survie pour assurer le sujet, et finalement on a réussit à en sortir un bel épisode. Mais le plus dur reste à venir…

Nous partons prochainement tourner le dernier épisode de la série dans une tribu reculée de toute forme de civilisation. On les appelle les « Hommes Fleurs ». Là-bas aucun moyen de trouver de l’électricité pour recharger le matériel vidéo. On achètera au village le plus proche des générateurs, avant d’entamer les 10 heures de pirogue qui nous attendent pour rejoindre ce peuple.

Est-ce que tu t’es sentie en danger lors d’un tournage ?

En tournage pas vraiment. Très honnêtement, ça fait 9 mois que nous sommes dans ce pays et jamais on a senti que ça craignait, qu’il fallait vite se barrer parce que ça ne sentait pas bon pour X ou Y raison. C’est la nature qui peut effrayer ici. Située sur la ceinture du feu du pacifique, elle est imprévisible et peut aussi comme dernièrement être terriblement dévastatrice.

Est-ce que l’image donnée en Europe des Balinais te paraît clichée ?

Non absolument pas. Comme partout dans le monde, il y a des gens différents. Mais ils sont effectivement très spirituels. Leur vie est très codifiée, et c’est mal vu de ne pas respecter la tradition. Perso, j’adore cette dimension liée au sacré. Elle rend le voyage encore plus magique. Et puis, c’est plutôt joli de trouver une offrande de fleurs et un bâton d’encens chaque matin devant sa maison…

Julie à la découverte de Bali – © Coeur de Palmier (réal. Florent Marot, 2018)

Est-ce difficile de travailler en couple ?

C’était un pari risqué. Mais, au final, nous nous complétons à merveille. Florent s’occupe de toute la mise en image de l’émission et moi je travaille les sujets et les présente. Nous essayons durant nos temps libres d’avoir d’autres sujets de conversation que l’émission qui prend une place énorme dans notre nouvelle vie. Mais nous en sommes très fiers et l’avons réalisée exactement comme nous avions envie de le faire, à notre image, sans contraintes imposées, et ça, c’est un vrai luxe !

Quels retours avez-vous eus suite au premier épisode ?

Nous avons eu des retours très encourageants, de nombreux messages sur les réseaux sociaux et suscité l’intérêt de la presse. On ne pouvait pas espérer mieux.

C’est très dur de démarrer un projet à partir de pas grand-chose alors merci à tous ceux qui croient en cette émission et qui font tout pour la mettre en lumière. Merci Slash Média !

Penses-tu que ce type de formats manque en Suisse ?

Je pense qu’ils se développent de plus en plus. J’ai eu la chance de travailler comme productrice déléguée aux côtés de Jonas Schneiter, sur un programme RTS sur le développement en Suisse romande , l’émission « Aujourd’hui » qui se classe dans le même type de format. Relativement court, divertissant tout en restant intéressant. Le web prend une telle place aujourd’hui, qu’il était important pour nous que l’émission puisse exister sur d’autres plateformes après sa diffusion télé sur Rouge TV. C’est pour cette raison que nous avons décidé d’opter pour un format hybride, à mi-chemin entre le Vlog et le film documentaire.

J’ai toujours admiré l’animateur français Frédérique Lopez pour ses émissions « Rendez-vous en terres inconnues ». C’est un peu un rêve dans le rêve qui se réalise, avec cette nouvelle émission de voyage à Bali.

L’humoriste vaudois Yoann Provenzano est le « guest » de cette première saison – © Coeur de Palmier (réal. Florent Marot, 2018)

Pourquoi inviter Yoann Provenzano ? Est-ce que cela ne risque pas de dénaturer le projet ?

J’ai déjà travaillé en radio avec Yoann et c’est un pur plaisir de bosser avec lui. Quand il m’a tenue informée qu’il venait passer ses vacances à Bali, c’était une évidence, il fallait qu’il fasse partie du projet Coeur De Palmier. Il a d’ailleurs tout de suite accepté sans même voir ce que nous produisions. Il nous a fait confiance.

Après, d’un point de vue éditorial, nous avons trouvé intéressant qu’un personnage publique suisse intègre un épisode. C’est un excellent moyen de rappeler à qui s’adresse principalement cette émission, au public suisse en quête d’évasion, comme lui en vacances et moi sur du long terme. Nous n’avons pas eu peur de dénaturer le projet par sa présence. Au contraire, c’est plutôt touchant de constater que même à l’autre bout du monde tes amis viennent te trouver et partagent un bout de chemin avec toi.

Encore une fois, on a produit cette émission sans se prendre la tête, on l’a faite avec le coeur, comme on en avait envie et on espère sincèrement que vous le ressentirez.

L’émission « Cœur de Palmier » est diffusée tous les mercredis à 19h45, sur Rouge TV, ainsi que sur YouTube.

Cœur de Palmier est sur Instagram, Facebook et YouTube.

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Se jeter à l’eau, le temps d’un hiver

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© Keystone / Salvatore di Nolfi

Alors que, pour la majorité d’entre nous, baignade rime avec soleil et chaleur, de plus en plus d’amateurs de natation en eau froide choisissent d’allier la détente au dépassement de soi, en profitant des températures hivernales pour aller piquer une tête dans le lac le plus proche.

Il n’a jamais été aussi difficile de se jeter à l’eau que le dimanche 16 décembre dernier à Genève, où deux mille deux cents givrés, ont profité de s’habiller d’un seau d’eau glacée, avant de se jeter corps et âme dans une traversée allant de 120 à 500 mètres, avec une eau qui affichait sept degrés au compteur.

Des tenues de super-héros pour réchauffer les organismes – © Keystone / Salvatore di Nolfi

Paré d’un déguisement décalé ou d’un maillot de bain classique, c’est dans une atmosphère festive et une ambiance bonne enfant qu’a eu lieu la 80e édition de la traditionnelle Coupe de Noël, un événement qui ne cesse de gagner du terrain au fil des ans, allant cette année jusqu’à rafler la distinction de la manifestation de l’année, décernée par la Ville de Genève.

Mais alors, qu’est-ce qui peut bien motiver un humain normalement constitué à vouloir patauger dans un lac en plein mois de décembre, quand attendre un bus en retard ou encore tapoter sur son téléphone le temps d’un trajet à pied, relève déjà du défi ? À cette interrogation légitime, les éléments de réponses sont aussi nombreux que variés.

Amusant et relaxant

En effet, la natation en eau froide possède une multitude de vertus, mais, quand on interroge les nageurs sur ce qui leur plaît le plus dans la pratique de cette discipline, c’est souvent la sensation de relaxation physique post-baignade qui revient. «Un sentiment de détente et de bien-être physique difficile à décrire, une fois que je me repose chez moi après l’effort, c’est un peu comme si j’étais allongé sur un petit nuage. Je me sens léger et relaxé», confie l’un de ces fameux givrés, en profitant de son thé chaud après avoir franchi la ligne d’arrivée.

Un effet qui, si l’on en croit les médecins responsables de l’événement, s’explique dans un premier temps par le resserrement des veines qui conduit le sang des bras et des jambes à affluer vers les organes internes. Puis dans un second temps, c’est la décontraction de ce phénomène qui se produit lors de la phase de récupération qui procure ce ressenti.

Certains ont préféré la technique du jet de seau – © Keystone / Salvatore di Nolfi

Hormis les sensations physiques appréciables qu’occasionnent les baignades hivernales, leurs effets sont également salutaires sur le métabolisme. «Les mains, les pieds et les muqueuses sont mieux irrigués et le système immunitaire est stimulé. Avec le temps, on résiste ainsi mieux aux infections», explique Christoph Dehnert, spécialiste en médecine interne générale et en cardiologie au Medbase Sports Medical Center de Zurich.

D’un point de vue mental, nager en eau froide peut également vous aider à vous apaiser et à gagner en sérénité. Le froid rendra la respiration plus compliquée, ce qui vous obligera à optimiser le peu d’oxygène que vous absorbez. Il s’agit là d’une bonne technique pour mieux gérer ensuite les situations stressantes.

Que ce soit pour le moral, le bien-être physique, la santé, ou simplement la convivialité de la discipline, on comprend déjà mieux pourquoi certains troquent la doudoune pour le maillot de bain le temps d’un hiver.

Il est cependant bon de rappeler que même si cette pratique est accessible pour la plupart des personnes ne souffrant pas de maladies cardio-vasculaires, elle demande néanmoins un entrainement progressif et dans le temps, afin d’en profiter en toute sécurité.

La 80+1e édition de la Coupe de Noël se déroulera le dimanche 15 décembre 2019, à Genève – www.gn1885.ch.

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Lifestyle

Au Tsiferblat, on ne paie pas sa conso’, mais son heure de présence

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L'entrée du Tsiferblat – © Pierre Vogel

Antichambre de SEV52 – l’espace de co-working bigarré au cœur du quartier de Sévelin à Lausanne – première en suisse romande, le Tsiferblat s’inspire du modèle russe du même nom et mise sur un concept novateur : que l’on vienne travailler, lire, ou passer un moment seul ou accompagné, on n’y paie pas sa consommation, mais son heure de présence.

Une idée originale qui provient de l’imaginaire créatif de Mustapha Jaunin Gueraouni et de sa compagne, Aude. L’administrateur et la fondatrice des lieux ont volontiers accepté de poser des mots sur cet espace, ainsi qu’Yves Senn, le butler (majordome, en français) de cet endroit hors-norme.

À gauche de l’entrée, un joli petit coin, entièrement décoré avec des objets récupérés, donnés ou chinés – © Pierre Vogel

On a d’abord voulu comprendre les motivations qui ont fait naître cet espace ouvert depuis mars. « Le Tsiferblat c’est une prolongation de SEV52, c’est sa porte d’entrée pour les non-locataires, dans le sens où ça peut nous servir de centre de gravité sociale. Parce que dans l’espace de travail, les locataires ont une déjà une cafétéria, on s’est alors dit qu’il fallait qu’on crée un autre espace où l’on pouvait faire se rencontrer les gens de l’extérieur et ceux de l’intérieur. Une manière de créer un lieu encourageant les rencontres inattendues et – qui sait – créer des synergies », explique Mustapha, de sa voix posée, mais enjouée.

Une partie de l’espace – © Pierre Vogel

Comment cet espace est-il pensé ? Comme une émanation de SEV52. Il complète son offre de résidence pour le co-working pour celles et ceux qui s’installent de manière éphémère, ponctuellement, ou pour ceux qui ne souhaitent pas de contrat les liant à SEV52. Est-ce une façon de se réunir, voire de se rencontrer ? « Cet endroit, je le vois comme une interface très sympa. Parce qu’il y a un quelque chose de naturel, on se pose, on sonne, on est au chaud… Et puis, oui, naturellement on parle, on communique ! », répond le gérant des lieux.

Le bar et son “butler”, Yves Senn – © Pierre Vogel

Il est vrai que lorsqu’on entre dans le Tsiferblat, la première impression est saisissante. On se retrouve face à un beau bar d’époque rouge, dans une atmosphère enveloppante et pleine de surprises : l’œil ne sait où donner de la tête tant l’endroit, adepte de l’upcycling (action de récupérer des matériaux dont on n’a plus l’usage et de les transformer en produits d’utilité supérieure), est empli de décorations diverses, la plupart chinées ou simplement récupérées.

Mais le lieu se veut tout aussi fonctionnel : on peut même y réchauffer son tupperware. « L’heure coûte cinq francs, la deuxième heure trois francs et le forfait à la journée est de vingt francs », explique Mustapha. Des heures de présence où absolument tout est illimité : on peut alors se servir à volonté de biscuits, de thés froids artisanaux, d’espressos, de muffins… L’endroit, ouvert qu’en journées, ne sert par contre pas d’alcool. Mais à défaut d’y boire un cocktail, on peut également y lire la presse grâce à un lot considérable de journaux actuels ou surannés, ainsi que de livres anciens ou surfer sur le Net avec le wifi donné naturellement.

Car ce que revendique ce lieu peu commun est le fait de pouvoir se sentir comme chez soi, de regarder, mais aussi de toucher, de rêver… Yves Senn confirme : « C’est un lieu propice à la créativité. Partout où tu regardes où tu touches, tu t’assieds, il y a quelque chose d’inattendu. Et ça, ça ouvre l’esprit. On y voit des tasses, des pots et d’un coup un réveil, un moule de lapin… Des objets qui, tout en ouvrant l’esprit, permettent de faire des associations d’idées pour le sujet sur lequel la personne travaille. Le fait de faire des liens, ça matérialise la créativité. »

© Pierre Vogel

Mustapha continue : « Le but c’est que les gens aient envie de rester, même s’ils n’ont plus rien à faire. Il y a des livres, des choses étranges à regarder, à décrypter, à décoder, c’est un immense jeu, comme une chasse au trésor. Ici, on ne s’ennuie pas. Comme SEV52, que l’on voit de l’autre côté de la baie vitrée, c’est un millefeuille de réalités. C’est plein de petits mondes. On se nourrit de son expérience ici, de sa passion. »

Aude nous en dit un peu plus : « Ce que fait Mustapha à Sévelin, c’est la meilleure politique d’encouragement de l’innovation, parce qu’il ne fait que du bottom-up (suite de processus qui apportent à chacun une partie fondamentale, ndlr.) ; il n’impose rien, il est juste l’homme de l’ombre qui écoute, propose et permet un cadre pratique si nécessaire. » Ce dernier acquiesce, les yeux plissés. « Certes, on vise un public très large, vu qu’on est très “chaleur”. Donc on a un premier public, les résidents du co-working, et après il y a les gens de l’extérieur. Pour l’instant, c’est quelque chose d’expérimental ; on essaie de faire un vrai Tsiferblat. Parce qu’on est quand même autour de quatre gros établissements scolaires, sauf erreur les plus gros de la région. Et depuis quelques jours, ça prend gentiment. On a fait un peu de publicité, mais très peu. »

Ah bon, pourquoi ne pas en faire davantage ? « Parce qu’on est vraiment dans cette économie : le service avant l’argent. Et puis, si tu fais de bonnes tartes, les gens vont venir ! », nous répond-il le sourire aux lèvres.

Une partie de l’espace, vue d’en haut – © Pierre Vogel

Yves Senn, qui, de son côté, s’attelle à nettoyer des tasses derrière son comptoir lustré, nous parle de la façon dont il perçoit l’endroit ainsi que son rôle de butler. « Le Tsiferblat c’est un lieu où je me sens bien, où je suis fier de recevoir des gens que j’apprécie, un lieu qui est différents d’autres, définis par la société. Quand je fais des cafés aux gens, c’est plus comme si je faisais des cafés pour mes amis qu’autre chose. Car, pour moi, le Tsiferblat, c’est la cuisine de la communauté. Un espace où l’on se retrouve, où on partage, on échange. C’est le lieu de la famille étendue. »

Un endroit qui se démarque, mis à part par ce concept qui est de payer le temps ? « Oui ! C’est un lieu où on vient pour le moment, pour l’espace, pour les gens qui s’y trouvent. La synergie ici se fait tout seule, naturellement. Pas besoin de carte de visite ! C’est magique, car il n’y a pas besoin de rechercher le partenariat, il se fait tout seul. »

Et, finalement, quel est le rôle d’un butler, titre anglais qui lui est attribué et qui intrigue ? « Je vois mon rôle comme le majordome, celui qui s’assure que tout aille bien, que tout fonctionne. Autant les infrastructures que le thé ou les plantes, tout ça me parait naturel, comme si c’était les miennes. Dans mes actions, il y a toujours une petite arrière-pensée sociale », nous dit-il d’un ton distingué et doux, à la façon d’un vrai butler anglais.

Au dernier plan, des résidents travaillent, surplombant ainsi le Tsiferblat – © Pierre Vogel

On l’aura alors compris, SEV52 et le Tsiferblat sont deux lieux en un. À la manière d’un village, ce tiers-lieu où l’on paie son temps uniquement, le reste étant à disposition, aime et veut accueillir les gens, d’une façon si chaleureuse que, magiquement, l’on s’y sent tout de suite agréablement bien.

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