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« Trench » : la fin du silence pour le duo multigenres Twenty One Pilots

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« Trench », le nouvel album des Twenty One Pilots (TØP) sera révélé entièrement ce vendredi. Et il était temps. Si vous connaissez le groupe de Tyler Joseph et Josh Dun, vous comprenez déjà l’attente qui entoure cette sortie. Pour les autres : petit récapitulatif non exhaustif.

Il y a plus d’un an, le 7 juillet 2017 exactement, TØP annonçait l’entrée dans une ère de silence. En effet, c’est pendant toute une année que les fans du groupe, aussi nommés The Clique, sont restés presque sans nouvelles de celui-ci.

Mais la Clique n’a pas chômé. Le duo ne pouvait effectivement pas laisser cette communauté dévouée sans rien à se mettre sous la dent.

En effet, le dernier post Twitter du groupe avant le silence a lancé une course aux suppositions et une série de découvertes toutes plus folles les unes que les autres. Après cette annonce, le groupe de fans a rapidement trouvé une URL, cachée dans un GIF sur le webstore du band, menant à un site web secret (désormais inaccessible) rempli d’indices.

Couverture de l’album “Blurryface”

L’un d’entre eux était une carte représentant une ville entourée par un cimetière. La Clique réussit à déchiffrer les noms écrits au-dessus des neuf sections centrales de la carte comme étant formés par des titres des chansons de l’album précédant du groupe, « Blurryface », qui avait été le premier album de l’histoire à recevoir une certification Gold ou Platinium de la Recording Industry Association of America pour chacun de ses titres.

Une autre série d’indices permit, à ce réseau de fans communiquant principalement sur Twitter, de comprendre que la ville au centre de la carte se trouvait dans un Dema – un mot venant de l’iranien signifiant « Tour de silence ».

En parallèle de cette carte se trouvait un autre indice : une lettre. Celle-ci s’apparentait à une page de journal intime d’une personne nommée Clancy, semblant faire partie de la société représentée par la carte. Clancy apparaît alors comme un habitant de cette cité enfermée dans une tour de silence. 

Voici donc le type de recherches compliquées qu’a mené la Clique pendant près d’une année. Cet exemple n’étant qu’une infime partie de la chasse au(x) trésor(s) menée par les fans du groupe. Le but de ces recherches ? Il resta longtemps inconnu et fortement débattu dans une floraison de théories. Pour certains, les indices semblent indiquer l’univers dans lequel le nouvel album s’insère, ainsi que son lien aux albums précédent.

Une théorie suppose par exemple que le silence correspondrait au tiret central du logo de TØP. Le noir et le tiret étant symboles de silence. « Blurryface », leur précédent album sorti en 2015, correspondrait à un slash rouge et « Trench » serait donc représenté par un trait vertical bleu vertical qui annoncerait un album en opposition partielle à « Blurryface » lui-même. Les titres devraient donc être plus lents et plus concentrés sur les paroles. Mais cette supposition n’est qu’un exemple parmi d’autres de l’engouement qu’a suscité cette année de silence.

Ce ne fut que le 6 juillet 2018 que les fans de Twenty One Pilots reçurent une newsletter contenant le GIF d’un œil légèrement ouvert. TØP se tourna ensuite vers Twitter pour poster trois jours plus tard le même GIF, puis encore une fois le 9 juillet, mais avec un œil un peu plus ouvert cette fois laissant deviner des extraits du clip de Jumpsuit, premier titre de l’album.

Entre temps, les murs d’un certain nombre de villes se recouvrir du nouveau logo du groupe. Il ne reste donc plus qu’à attendre demain pour écouter l’album entier et le prochain silence pour vous lancer, peut-être, dans une nouvelle chasse aux indices.

« Trench » est à retrouver dès le 5 octobre sur toutes les plates-formes de téléchargement légal.

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Avec un train de retard, l’Académie Française adopte la féminisation des noms de métiers

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L'Institut de France abrite depuis 1795 regroupe cinq aréopages, dont la prestigieuse Académie française – © Steve Barru

«Avocate», «chirurgienne», «écrivaine», en dépit du fait que ces appellations soient couramment employées depuis plusieurs années pour désigner la déclinaison féminine d’une profession, ces termes n’étaient, jusqu’au 28 février dernier, toujours pas reconnus officiellement par l’Académie Française. Adopté à «une large majorité», en quoi le rapport sur la féminisation des noms de métiers est-il porteur dans le climat actuel ?

Bien qu’il s’agisse d’une avancée quant à la considération de la femme au sein de la sphère professionnelle, l’égalité linguistique n’est malheureusement pas tributaire d’une égalité salariale, comme le déplore le quotidien L’Union : «Madame la cheffe sera ravie d’être reconnue, mais si c’est pour continuer à être payée 20% de moins que le chef d’à côté, elle n’aura pas l’impression d’y avoir gagné grand-chose.»

Au vu de l’environnement professionnel difficile dans lequel baignent les femmes qui travaillent en entreprise, si pour certaines ce progrès équivaut à brasser du vent, le raisonnement ne fait pas l’unanimité pour autant. Il s’agit d’un cap important selon Danièle Linhart, sociologue du travail au Centre national de la recherche scientifique, qui intervient, pour commenter la nouvelle, dans Le Figaro : «Cela reflète une prise de conscience et une évolution pour la société, souligne-t-elle, en ajoutant par ailleurs que cela permettra à certaines femmes d’apparaître pour ce qu’elles sont en n’étant plus obligées de se bricoler un nom de métier ou de se cacher derrière une identité masculine. Désormais, hésitations et quiproquos n’ont plus leur place au travail, puisque les exceptions masculines ont officiellement leurs équivalences féminines.»

«Nous sommes dans l’ordre du symbolique, mais cela compte»

«Nous sommes dans l’ordre du symbolique, mais cela compte», assure Margart Maruani, sociologue du travail spécialisée sur la question du genre à Paris. Parallèlement, si l’on décide de se pencher sur cette symbolique que revêt la langue française pour sa nation, il apparait assez distinctement que cette dernière s’inscrit comme élément significatif du patrimoine français. Significatif au point que lors de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuelle Macron, l’actuel Président du Conseil constitutionnel français, Laurent Fabius, fait mention de protéger la langue dans le cahier des charges du nouveau président de la République : «En application des articles 6, 7 et 58 de notre constitution, le Conseil constitutionnel, mercredi 10 mai, vous a proclamé, élu, Président de la République. […] Président d’une république indivisible, laïque, démocratique et sociale, chargé de la représenter, de la faire progresser, d’en incarner les valeurs et la langue et de la ressembler.»

Par ailleurs, l’État a su au fil des siècles développer et entretenir le caractère «mythique» de son Académie. Une institution prestigieuse présentée comme gardienne de la langue, composée d’«Immortels» qui se réunissent dans un palais, vêtus d’un uniforme aux broderies en forme de rameaux d’olivier et arborant fièrement cape et épée.

Le célèbre Habit Vert revêtu par les Immortels en séance à l’Académie Française nécessite près de 600h de travail, uniquement en broderies faites main. – © Stark and Sons

Dans cette perspective, la langue s’est pourvue d’un puissant caractère symbolique auprès de sa population, et c’est peut-être ici que réside l’essence même de la réforme. Soutenant cette hypothèse, Danièle Linhart ajoute que : «Cela peut renforcer la légitimité des femmes au travail et cela renforce dans les esprits l’idée selon laquelle le monde du travail est un monde pour les hommes et pour les femmes.»

Aujourd’hui, le prestige qui gravitait autrefois autour de l’Académie s’est fortement amenuisé auprès de l’opinion publique, probablement car les gens sont désormais plus à même de réaliser que l’assemblée d’Académiciens qui remplissent les bancs de l’institution ne sont peut-être pas aussi qualifiés pour parler de la langue française que ce qu’on voulait bien nous laisser croire. C’est du moins ce qu’affirme avec conviction Maria Candea, enseignante-chercheuse en linguistique et sociolinguistique à l’Université de Paris 3 dans un entretien de la revue Ballast :

« On pense spontanément que l’Académie française est légitime à parler de langue française, alors que c’est vraiment une position usurpée. Il n’y a aucun linguiste parmi eux ! Ils ne sont pas du tout cooptés sur la base d’une quelconque formation linguistique. Il y a par exemple Valéry Giscard d’Estaing. En quoi serait-il légitime à dire quelque chose sur la grammaire ? Mais l’incompétence des Académiciens remonte bien plus loin. Selon ses premiers statuts, à sa création, l’Académie était censée faire un Dictionnaire, une Grammaire, une Poétique et une Rhétorique. En presque quatre siècles, ils ont bouclé à peine huit éditions de leur dictionnaire et ont édité une seule grammaire, en 1930… immédiatement tournée en ridicule par les linguistes à cause de sa piètre qualité. »

À cela s’ajoute une faible représentation des femmes au sein de l’assemblée (4 femmes pour 31 hommes), et un absentéisme aussi régulier que commun de la part de plusieurs membres lors des réunions.

Finalement, en dépit de la réputation désuète que traîne l’Académie depuis plusieurs années, les «Immortels» se joignent au cortège et reconnaissent la nécessité d’une évolution linguistique s’inscrivant tout simplement dans l’ère du temps. Une reconnaissance qui va dans le sens des revendications actuelles, même si pour beaucoup l’essence de la lutte réside ailleurs.

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La Thaïlande, un paradis au bord du gouffre

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Les plages de Koh Phi Phi sont une destination phare de la Thaïlande - © Grégoire Perroud - Slash Média

La Thaïlande, pays courtisé pour ses plages idylliques, fait face à une problématique écologique de plus en plus préoccupante. Voyage au cœur d’un sujet évité, mais pourtant omniprésent.

Bangkok, septembre 2018, les scientifiques tirent la sonnette d’alarme. La capitale thaïlandaise coule. Sous le poids de ses buildings et de son urbanisation croissante, «le sol s’affaisse d’un à deux centimètres par an», d’après Tara Buakamsri, directeur de Greenpeace Thaïlande, dans un entretien à l’AFP. Construite sur un terrain marécageux, à un mètre et demi au-dessus du niveau de la mer, la cité pourrait être submergée dans un futur pas si lointain.

Mais là où le bât blesse, c’est sur les îles paradisiaques de la Thaïlande. Bangkok, bien que surpeuplée, polluée et presque condamnée, reflète uniquement le développement économique en Asie, comparable à Kuala Lumpur ou Jakarta. La prospérité d’une partie de ce pays repose essentiellement sur le tourisme, comme le confirme sa première place dans le classement des pays d’Asie du Sud-Est les plus visités. Mais jusqu’à quand ?

Ces formations rocheuses, ici à Ao Nang, font le charme de la Thaïlande – © Grégoire Perroud, pour Slash Média

Direction Koh Phi Phi

Au sud-ouest de la Thaïlande, les îles de Koh Phi Phi sont mondialement connues, notamment grâce au film La Plage de Danny Boyleavec Leonardo DiCaprio. Pour y arriver, il faut emprunter un petit ferry depuis la ville de Krabi ou Phuket. Au fur et à mesure que le bateau avance, les eaux deviennent de plus en plus turquoise et des formations rocheuses typiques sortent de la mer avec élégance. Après avoir posé le pied à terre, on se fait directement accoster. Non pas par un chauffeur de taxi – pour une fois – mais par les autorités qui demandent de l’argent pour une «taxe environnementale». 20 baths, soit 60 centimes. L’idée est originale et non dénuée de sens.

Maya Bay, la célèbre plage, où s’est déroulé le film sorti en 2000, est fermée aux touristes et aux bateaux. La raison ? Les coraux ont besoin de temps pour se régénérer. Encore une fois, il est réjouissant d’entrevoir une île responsable et écologique.

L’île de Koh Phi Phi a vu de nombreux hôtels se développer – © Grégoire Perroud, pour Slash Média

Petite île aux grands déchets

Mais – car il y a bien sûr un «mais» – l’envers du décor n’est pas loin de s’apparenter à un désastre. Le béton coule à flots, les grands hôtels fleurissent. Autrefois, très authentique et peuplée de petit bungalow, l’île principale de Koh Phi Phi a vécu une métamorphose suite au tsunami de 2004 qui a complètement rasé ce petit bout de paradis. À l’heure de la reconstruction, le ciment a substitué le bois et le bel hôtel le bungalow bucolique. Qui dit «grandes infrastructures» dit implicitement «traitement des eaux usées», ce qui n’existe absolument pas. Résultat : il est fortement déconseillé de se baigner devant les hôtels. Et ce, même si la température de l’eau y est bizarrement plus élevée…

Quid de la gestion des déchets ? À vrai dire, personne ne le sait vraiment. Ce qui est sûr, c’est qu’aucune usine de tri ou d’élimination n’est présente. Il suffit de quitter les sentiers forestiers pour tomber sur des montagnes de sac poubelle en décomposition. La légende dit même qu’une partie est balancée dans la mer. Chaque matin, à l’aube, de nombreux cadavres en plastique admirent le soleil se lever depuis la plage. Certaines sont avantagées par les courants marins, d’autres moins. Les fonds marins en souffrent. Les coraux meurent et les poissons disparaissent. Les incessants passages des bateaux ne les aident pas et la coloration noirâtre qui suit leur moteur non plus.

Lire aussi :  Grève du climat : ces jeunes qui passent de la parole à l’action

Les différents voyageurs rencontrés sont unanimes. «Organiser un bateau pour rapatrier les déchets ne doit pas être si compliqué», réagit Romain, un français de 32 ans. «Surtout que l’on paie une taxe, sans vraiment connaître son utilisation», ajoute le backpacker.

Les bateaux, prêts à haranguer les touristes, jonchent une plage idyllique – © Grégoire Perroud, pour Slash Média

Quand réchauffement climatique s’y mêle

«Ce qui est dommage, c’est qu’au final, ce sont eux qui vont le payer», surenchérit Srdjan, serbe d’origine et habitant de Melbourne. Car quand ces endroits paradisiaques auront perdu leur charme et leur authenticité d’antan au profit de l’urbanisation, et que le réchauffement climatique et la montée des eaux ne seront plus une légende, mais une réalité, les répercussions risquent de coûter très cher à la Thaïlande et son économie du tourisme. En attendant, suivez le conseil de nombreux backpackers : «Allez aux Philippines, avant que le même phénomène ne se produise».

Les plages sont prises d’assaut par de nombreux touristes – © Grégoire Perroud, pour Slash Média

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